Meubles, produits encombrants : les nouvelles initiatives du réemploi 

Alors que le potentiel de valorisation des articles non-neufs (retours, invendus, produits d’occasion…) augmente, mind Retail a interrogé 10 acteurs de l’ameublement : un porte-parole d'Ikea, Pierre Deyries (Conforama), Karin Gintz (Vitra), Vincent Gufflet (Fnac-Darty), Florence Calba (Miliboo),Olympe Chabert (Smartback) et Célie Taillard (Izidore). Dans ce secteur où les coûts logistiques sont élevés, les enseignes multiplient les initiatives de réemploi. Quels sont leurs leviers de "reverse logistique" pour recréer de la valeur autour de ces produits ? Avec quels partenaires technologiques ? 

Par Sophie Baqué. Publié le 05 octobre 2023 à 18h00 - Mis à jour le 15 avril 2024 à 11h32

Alors que la seconde main s’impose dans la mode (Vinted absorbe 12,6 % des vêtements achetés en France au S1 2023 en volume), les retailers de meubles, avec leurs produits encombrants donc chers à déplacer, font face à un autre défi concernant le réemploi des articles “non neufs”. Pendant longtemps, ils ont externalisé ce dossier (qui inclut la valorisation des retours mais pas seulement) à des acteurs comme Veepee (destockage), laissaient les particuliers revendre leurs meubles d’occasion sur Le Bon Coin, et donnaient les produits abîmés à des associations. Aujourd’hui, ils se le réapproprient. Depuis le 1er janvier 2022 (loi AGEC), ils n’ont plus le droit de détruire leurs invendus. Ils doivent aussi fournir à leurs clients des pièces détachées. Au lieu de vendre ces produits à prix bas chez un destockeur comme Noz, ils cherchent désormais à les revendre de la meilleure manière possible.

Dans le meuble, l’enjeu des retours est récent, car l’e-commerce s’y est développé plus tardivement. Contrairement à la mode et à l’électronique, où les produits ont un code-barre et sont faciles à livrer dans les boîtes aux lettres. Si en Europe, le taux de retour moyen est de 25 % en moyenne (tous secteurs confondus), il est chez les pure-players de meubles d’environ 5 % en volume. Résultat, là où un Zalando et un Zara ont pris le sujet à bras le corps depuis plusieurs années, “l’enjeu des retours est resté marginal pour les retailers d’ameublement et de produits encombrants (jardineries…), du moins jusqu’au Covid, moment où l’e-commerce a réellement décollé, résume Olympe Chabert, CEO de Smartback. Le raz de marée financier des retours date d’environ 3 ans. Résultat,…