Maintenir une présence forte au coeur de l’écosystème des start-up est devenu un enjeu stratégique pour les banques traditionnelles. La volonté de repérer rapidement les innovations de rupture, de s’allier commercialement aux fintech les plus prometteuses, voire d’y investir ou des les racheter, mais aussi le souhait de diffuser leurs méthodes innovantes en interne ont poussé les banques à offrir des programmes d’accompagnement plus ou moins poussés.
Le coworking au coeur de la stratégie du Crédit Agricole
La plupart des grandes banques françaises ont ainsi lancé des espaces de coworking. En accès payant dans la majorité des cas, ils permettent aux institutions d’accompagner des start-up pour un budget moins important que celui requis par un accélérateur et de s’impliquer dans l’écosystème en proposant un suivi bancaire et l’accès à des experts.
Le programme de soutien aux start-up du Crédit Agricole a été bâti sur cette stratégie. La banque a ouvert en 2014 à Paris son premier lieu d’hébergement, baptisé Village by CA. Désormais, le groupe en compte 26 dans l’Hexagone, et ils seront 41 en 2020. Il s’agit de structures indépendantes “qui doivent être à l’équilibre”, explique François Vrzesinski, responsable communication innovation du groupe.
“L’objectif premier était de mettre en relation des start-up avec des PME et plus grandes entreprises, qui viennent dans le programme pour se frotter aux méthodes agiles mais aussi dans une logique business”, souligne François Vrzesinski. Des collaborateurs de la banque se rendent aussi dans ces lieux d’innovation dans une logique d’acculturation. Sans compter que “c’est un bon vecteur pour la marque Crédit Agricole”.
Depuis le lancement, 492 sociétés ont été hébergées, dont 96 alumni. L’objectif a été fixé à 600 sociétés accompagnées d’ici 2020. Les Villages by CA comptent 428 entreprises partenaires. Le programme vise des start-up déjà matures, pour 12 à 24 mois d’accélération, et les sociétés sont choisies par des comités de sélection. Les tarifs varient selon les villages (à Rennes, à partir de 250 euros HT par mois pour deux postes de travail puis 100 euros HT par poste supplémentaire). Les villages promettent des interventions d’experts, ateliers et conférences, des mises en relation BtoB, l’accès à des ressources technologiques… Seuls les villages de Lille et Paris sont dédiés aux fintech. Les synergies avec la banque “ne sont pas obligatoires”, relève François Vrzesinski, même si des liens peuvent être créés.
L’une des branches de l’offre WAI (We Are Innovation) de BNP Paribas, lancée en 2015 et à destination des start-up, consiste aussi en un programme d’hébergement payant, pouvant durer jusqu’à 24 mois dans des lieux d’hébergement à Massy-Saclay et Paris.