Quels business models adoptent les néobanques pour mineurs ?

Image à la une de l'article Quels business models adoptent les néobanques pour mineurs ?
Trois néobanques pour mineurs se sont lancées en 2019 en France et une quatrième s’apprête à le faire. Ces nouveaux entrants affichent des positionnements et stratégies d’acquisition différents mais pour toutes, une question majeure se pose : que deviendront les clients recrutés à leur majorité ? Panorama des acteurs français du secteur.
Cet article vous est offert gratuitement par la rédaction, car vous êtes actuellement en période d'essai.
Vous avez accès à nos contenus pendant 15 jours.

Inspirées par des acteurs comme gohenry, Nimbl ou Osper au Royaume-Uni et Current ou Greenlight aux États-Unis, plusieurs néobanques pour mineurs se sont lancées en 2019 dans l’Hexagone. Objectif : s’attaquer à un segment encore peu exploré. “Plus de 93% des adolescents de plus de 11 ans ont un smartphone en France”, souligne pourtant Diana Brondel, CEO de la néobanque Xaalys. Scott Gordon, CEO de Kard, rappelle pour sa part que “moins de 15% des ados détiennent une carte de paiement à leur nom”. 

Ces néobanques proposent un compte de paiement sans découvert et une carte bancaire au nom de l’enfant, ainsi que des fonctionnalités de pilotage du moyen de paiement similaires à celles des néobanques pour adultes. L’ensemble est couplé à une application mobile qui intègre un onboarding rapide et des fonctionnalités diverses (cagnotte, épargne, cashback…). Elles se positionnent ainsi sur un créneau peu investi par les acteurs traditionnels, avec des offres plus innovantes et moins restrictives que celles qui existent déjà (lire encadré). Mais les propositions de valeur ne sont pas uniformes ; les positionnements et les offres divergent en fonction des cibles. 

Cible coeur : les jeunes enfants

Certaines néobanques, comme Xaalys ou Pixpay, déployées respectivement en avril et novembre 2019, visent avant tout les plus jeunes enfants – un modèle très similaire à celui de gohenry au Royaume-Uni, qui approcherait le million de clients. L’âge moyen de leurs clients oscille autour de 14 ans mais Caroline Menager, cofondatrice et CMO de PixPay, soutient que “cela a encore vocation à baisser. C’est un sujet d’évangélisation :  l’âge moyen des utilisateurs de gohenry qui s’est lancé en 2012 est inférieur à 11 ans car le marché est plus mature.” 

L’offre s’en ressent. Xaalys comme Pixpay proposent un système d’applications en miroir – l’une pour l’enfant, l’autre pour le parents – qui permettent à ces derniers de visualiser les transactions de leur progéniture, de contrôler les plafonds, les autorisations d’achats par type de dépenses, etc. La CEO de Xaalys décrit d’ailleurs l’application comme une “tour de contrôle parental”. Un module permet notamment de placer l’argent épargné par l’enfant sur un compte pivot piloté par le parent. Si le mineur a besoin d’accéder à cet argent, il doit faire une demande de rétrocession. Chez Pixpay, le parent est alerté en temps réel des dépenses de son enfant. Il peut effectuer diverses actions : bloquer des commerçants ou des catégories de commerçants, rémunérer son enfant pour des “missions” effectuées dans la maison, ou encore abonder d’un certain pourcentage l’argent mis de côté par son enfant pour l’inciter à épargner. “Le binôme parent-enfant est clé”, commente Caroline Menager.

Ces offres sont aussi centrées autour de l’éducation financière. “L’objectif est d’accompagner les jeunes adolescents qui gagnent en autonomie et de les responsabiliser, tout en laissant la place aux parents”, résume Diana Brondel de Xaalys. La néobanque a noué un partenariat avec l’association La finance pour tous afin de mettre en place des jeux d’éducation financière. De son côté, Pixpay mise sur des outils de catégorisation et d’aide à la gestion de budget. Un mécanisme d’épargne à l’arrondi devrait par exemple voir le jour avant l’été. 

Pixpay veut néanmoins renforcer sa proposition pour les ados (15-18 ans). “L’application doit évoluer avec l’âge de l’enfant, considère la CMO. Nous travaillons sur des fonctionnalités qui amélioreront notre offre pour les ados, comme un programme de marques et le paiement mobile via Apple Pay et Google Pay, qui sera introduit en 2020.”

Vous lisez cet article grâce à votre période d'essai.
Explorez de nouveaux horizons en consultant nos autres verticales :
Vous lisez cet article grâce à votre abonnement.
Explorez de nouveaux horizons en consultant nos autres verticales :
Vous avez une information à nous partager ?
Nos autres services
mind Research
Décider : un service de recherche et de market intelligence sur mesure pour alimenter vos analyses et appuyer vos prises de décisions.
En savoir plus
mind Events
Se rencontrer : des conférences d'une demie journée dédiées aux problématiques du secteur et ouvertes à l'ensemble de l'écosystème.
En savoir plus
mind Ads
Communiquer : des dispositifs sur mesure pour maximiser votre visibilité et engager une communauté de professionnels qualifiés.
En savoir plus
Ce que vous devez absolument lire cette semaine
Les contenus essentiels de la semaine sélectionnés par la rédaction.
Voir tout
Crédit Mutuel Arkéa, cible d’une attaque via l’un de ses prestataires
L’info. Le Crédit Mutuel Arkéa a été la cible d’une attaque informatique, selon une communication faite le 4 novembre 2026. La banque précise que les...
4 novembre 2026
Open finance : Bruxelles veut enterrer FiDA
L’info. La Commission européenne entend retirer FiDA, son projet de règlement sur l’open finance. Le texte figure parmi les 18 propositions qu’elle prévoit...
4 novembre 2026
NeoXam de retour sur le marché avec une sortie en vue d’Eurazeo
Près de quatre ans après avoir pris une participation majoritaire dans l’éditeur de logiciels pour les services financiers, le groupe d’investissement Eurazeo mandate Evercore pour piloter sa...
4 novembre 2026
41 % des fintech françaises sont désormais rentables
L’info. La part des fintech françaises rentables atteint 41 % en 2026, contre 33 % fin 2024, selon une étude de Bain & Company et France FinTech présentée le...
3 novembre 2026
Les articles les plus consultés du mois sur mind Fintech
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
1
L’arrivée d’un nouvel investisseur pour Ekimetrics repoussée à fin 2026
Après un pré-tour organisé cet été par Lazard, l’opération pourrait démarrer dès octobre 2026, selon des sources proches du dossier. Des fonds de private equity comme Oakley, Eurazeo et Keensight...
9 octobre 2026
2
La banque espagnole Santander divise par deux ses coûts en IA
L’info. La banque espagnole Banco Santander a opté pour un passage progressif à des modèles et agents d’intelligence artificielle (IA) spécialisés...
19 octobre 2026
3
3Pay prend le contrôle de MoneyTrack sur la base d’une valorisation de 2,2 millions d’euros
La fintech lyonnaise 3Pay, qui propose une carte de paiement dédiée aux frais de santé, a pris le contrôle de MoneyTrack, start-up du paiement dirigé soutenue par Truffle Capital. Le rapport du...
16 octobre 2026
4
Revolut va expérimenter le shopping agentique
L’info. Revolut prévoit d’équiper son assistant in-app AIR (AI by Revolut), déployé sur le Vieux continent en septembre 2026, de fonctionnalités de...
12 octobre 2026
5
Crédit Agricole lance sa banque digitale en Allemagne
L’info. Crédit Agricole S.A. lance Crédit Agricole Deutschland, une banque universelle pour les particuliers, qui sera accessible à partir de la fin octobre 2026...
8 octobre 2026
6
Revolut retrouve le podium du classement des applications bancaires
Le trio de tête de l’édition 2024 domine à nouveau, en 2026, le classement de Sia Partners, avec KBC en tête, suivi de Revolut et de BoursoBank. L’expérience client s’impose comme une priorité...
5 octobre 2026