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MiCA : Les stablecoins conformes au règlement européen
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BNP Paribas
banque en ligne, néobanque
En septembre 2025, neuf banques européennes ont annoncé former un consortium bancaire pour lancer un stablecoin adossé à l’euro. À l’occasion d’une conférence de presse le 2 décembre, le projet prend davantage forme puisque le nom de la coentreprise, basée à Amsterdam, a été dévoilé : Qivalis.
Le CEO de la nouvelle entité est Jan-Oliver Sell. Ancien dirigeant de Coinbase en Allemagne, après un bref passage par Binance, Jan-Oliver Sell avait auparavant fait ses preuves dans la gestion d’actifs. Il est épaulé par le CFO Floris Lugt, qui évoluait jusque-là en tant que responsable des actifs numériques chez ING Wholesale Banking, où il est entré en 2005. Enfin, Howard Davies, ancien banquier et régulateur britannique, devient quant à lui le président du conseil de surveillance de Qivalis.
“D’ici 18 à 24 mois, nous serons entre 45 et 50 personnes, prévoit Jan-Oliver Sell. Pour l’instant, nous avons recruté environ un tiers des effectifs.”
Candidature à l’agrément d’établissement de monnaie électronique
Les dirigeants confirment un lancement du stablecoin commun pour le second semestre 2026, bien qu’ils rappellent être dépendants de la régulation. En effet, la coentreprise doit obtenir un agrément d’établissement de monnaie électronique (EME) avant d’émettre son stablecoin, qui prendra la forme d’un jeton de monnaie électronique ou e-money token (EMT). L’agrément est devenu obligatoire avec la mise en place du règlement européen sur les marchés de cryptoactifs (MiCA) en 2024.
Le futur stablecoin est initialement destiné à trois cas d’usage : les paiements transfrontaliers, les transactions sur les marchés crypto et DeFi, ainsi que le règlement d’actifs tokenisés. Jan-Oliver Sell estime qu’un stablecoin émis par des banques rassurera davantage les clients finaux, en plus de réduire les enjeux d’interopérabilité d’une banque à l’autre.
PoC au premier semestre 2026
En parallèle du parcours réglementaire, Qivalis se met en quête de ses premiers partenaires non bancaires : prestataires de services de conservation et de wallets, fournisseurs de liquidité, teneurs de marché, exchanges, néocourtiers et banques. Pour rejoindre l’initiative, les acteurs devront être agréés en tant qu’établissement de crédit et/ou, a minima, être conformes à MiCA. Ces partenaires seront notamment chargés de la distribution du stablecoin étant donné que le rôle de Qivalis se bornera à l’émission. Objectif : pouvoir réaliser les premiers proof of concepts (PoC) au premier semestre 2026.
Jan-Oliver Sell est confiant sur la place à prendre sur le marché des stablecoins adossés à l’euro, qui représentent moins de 1 % de la capitalisation totale des stablecoins dans le monde. “Pour l’instant, l’EURC de Circle [273 millions d’euros en circulation, selon Circle, Ndlr] et l’EURCV de Société Générale [64 millions d’euros en circulation, Ndlr] sont nos plus grands concurrents”, évoque le CEO.
Une dixième banque rejoint le consortium
Deux mois après la première communication, une première banque française, BNP Paribas, a rejoint le projet aux côtés des fondatrices : ING (Pays-Bas), KBC (Belgique), Danske Bank (Danemark), DekaBank (Allemagne), SEB (Suède), CaixaBank (Espagne), Raiffeisen Bank International (Autriche), UniCredit et Banca Sella (Italie). Les dirigeants assurent avoir reçu des marques d’intérêt de la part d’autres établissements et rappelle que le consortium reste ouvert à d’autres candidatures.
Après Société Générale, BNP Paribas apparaît désormais comme la seconde banque française la plus intéressée par les stablecoins. En effet, en parallèle de Qivalis, BNP Paribas s’est également associée à Santander, Deutsche Bank, UBS, MUFG et des homologues américaines pour développer un stablecoin adossé au dollar. Il s’agit d’un “projet international en phase d’étude pour une monnaie digitale adossée à des réserves à parité 1 pour 1”, précise BNP Paribas à mind Fintech. Les deux projets de consortium “répondent à des objectifs, cadres réglementaires et besoins de marché différents”, affirme la banque française.