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Doconomy
API, RSE
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Greenly
gestion des dépenses
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BNP Paribas
banque en ligne, néobanque
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Worldline
paiement en ligne, paiement en magasin
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Mathias Wikström
CEO Doconomy depuis mai 2020
Au printemps 2021, le cofondateur et directeur général du calculateur d’empreinte carbone Greenly, Alexis Normand, prophétisait que l’outil de “climate scoring” serait “dans toutes les banques d’ici 5 ans”. Presqu’un an plus tard, l’idée ne semble plus saugrenue. BNP Paribas, Crédit Mutuel Arkéa, Crédit Agricole… Les plus grandes banques françaises adoptent tour à tour des solutions de calcul des émissions de CO2 associées aux dépenses de leurs clients. Et la tendance ne se limite ni à l’Hexagone ni aux groupes bancaires : les réseaux Visa et Mastercard, la société de paiement Worldline, mais aussi les banques en ligne et néobanques (Hello Bank!, Aumax pour moi, Pixpay, OnlyOne, Tomorrow) se sont emparés des solutions de responsabilisation des agents économiques aux enjeux climatiques.
Fondée en 2018, la start-up nordique Doconomy (basée en Suède mais sous régulation finlandaise) est le calculateur européen dont le développement est le plus avancé. Comme son homologue allemande ecolytiq créée en 2020, elle a décidé de travailler en BtoBtoC en adressant sa technologie aux institutions financières et bancaires. Ce segment de clientèle est aussi plébiscité par le calculateur français Greenly, bien que la start-up privilégie avant tout une activité BtoB auprès des PME, tout comme Carbo, un autre acteur français.
Méthodes de calcul de l’empreinte carbone
Bien que les méthodologies diffèrent en fonction des acteurs présents sur le marché, le but des calculateurs d’empreinte carbone est de donner une vision globale des émissions de gaz à effet de serre (GES), notamment associées aux transactions bancaires d’une personne physique ou morale. Doconomy s’appuie sur l’Åland Index, un référentiel co-créé par le calculateur et la banque Ålandsbanken sous la forme d’une joint-venture, qui utilise les données du fournisseur de données climat Trucost (racheté par S&P en 2016). “Nous avons répertorié 400 catégories de dépenses. Pour chacune, nous disposons de l’empreinte CO2 totale du secteur [au niveau mondial, ndlr], ainsi que de son revenu total. Nous connaissons donc la représentation d’une dépense dans ce revenu converti en empreinte carbone”, explique Mathias Wikström, CEO de Doconomy. Grâce à la méthodologie employée, Doconomy estime couvrir 99 % du marché mondial, une force pour se lancer à l’international.
Pourtant, la méthode de calcul employée présente plusieurs écueils, parmi lesquels le manque de granularité concernant les produits achetés (voir encadré), l’absence de distinction entre les fournisseurs – une limite pointée par le directeur général de Greenly – ou encore le pays de consommation (acheter un produit local ou étranger n’est pas différencié). “Les données sont les mêmes pour tous les pays. Nous effectuons un ajustement au niveau local en fonction du pouvoir d’achat. Nous travaillons sur une sorte d’indice Big Mac, qui permet par exemple de pouvoir comparer combien un litre de lait coûte en France par rapport au même produit en Allemagne”, ajoute Mathias Wikström. Par ailleurs, il est aussi possible pour les particuliers de paramétrer leurs résultats en fonction de leur mode de vie (régime alimentaire végétarien, achat de produits locaux…), ajoute le dirigeant.
De son côté, le calculateur français Greenly apporte de la granularité côté fournisseurs puisqu’au lieu de se baser sur les émissions totales d’un secteur donné, l’empreinte carbone d’un achat est analysée par rapport au bilan GES de l’entreprise (quand celui-ci est disponible, sinon Greenly utilise l’intensité carbone du secteur d’activité). La fintech travaille avec plusieurs fournisseurs de données dont l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), acteur de référence en France qui met à disposition de tous sa Base Carbone, “une base de données publiques de facteurs d’émissions nécessaires à la réalisation d’exercices de comptabilité carbone”.