-
Helios
néobanque
-
Green-Got
néobanque, RSE
-
canB
néobanque
-
OnlyOne
néobanque, RSE
-
Goodvest
assurance vie, robo-advisor
Selon l’étude sur l’évolution des usages bancaires et des attentes des clients publiée par le cabinet de conseil mc2i en mai 2023, “le critère environnemental est un critère de choix d’une banque pour 14 % de la population. Ce chiffre monte même à 26 % si l’on zoome sur les 18-24 ans”, assure Lorenzo Bertola, directeur du pôle banque, finance et assurance de mc2i. Partant d’un constat similaire, plusieurs néobanques se sont lancées sur cette niche à partir de 2021, alliant pour certaines l’impact social aux enjeux écologiques. Deux ans plus tard, Helios, canB, OnlyOne et Green-Got restent convaincues du potentiel de marché. Et pour l’adresser, les équipes avancent dans la construction de leur offre de services, avec une feuille de route légèrement différente des néobanques généralistes puisqu’elle intègre une réflexion sur la manière de verdir des fonctionnalités bancaires de plus en plus communes.
En cette rentrée 2023, l’accent est particulièrement mis sur l’investissement, un service plébiscité par les clients. Au-delà de servir leur acquisition client, les produits d’épargne proposés par les néobanques vertes ont l’ambition de pallier certaines faiblesses de ceux des acteurs bancaires traditionnels et fintech généralistes. Le manque de transparence sur l’orientation des fonds et le risque de financer des entreprises dont les valeurs ne coïncident pas avec celles de l’épargnant (énergies fossiles, armement…) sont notamment en cause. “70 % des clients bancaires s’estiment mal ou pas informés sur les produits d’épargne responsable”, confirme Lorenzo Bertola. Le label ISR (investissement socialement responsable), censé aiguiller les épargnants vers des fonds “responsables” est particulièrement controversé (voir encadré).
Le label ISR finance les énergies fossiles
Le label ISR (investissement socialement responsable) est beaucoup critiqué car, alors qu’il est censé intégrer des critères extra-financiers (environnement, questions sociales, éthiques et de gouvernance), il n’est que peu exigeant concernant les entreprises qu’il intègre. “La place des entreprises du secteur des énergies fossiles au sein des fonds ISR reste non négligeable et a même augmenté au cours de l’année 2022”, indique l’étude annuelle sur l’épargne responsable de la fintech Epsor, qui décortique les informations de 800 fonds d’investissement via son outil Score Impact. En 2022, “TotalEnergies est la quatrième entreprise la plus représentée au sein des fonds labellisés”, fait ressortir le rapport.
Face aux critiques, le label créé en 2016 connaît une refonte pour tenter de gagner en crédibilité. En juillet 2023, la présidente du comité du label Michèle Pappalardo a rendu à Bercy sa dernière version pour le changement du référentiel dans l’optique d’une publication en “septembre 2023 et d’une entrée en application au 1er janvier 2024”, indique le document.
Assurance vie verte : make or buy
Afin de fournir de l’investissement responsable malgré tout, les néobanques vertes ont opté pour des stratégies différentes. Depuis le printemps 2022, Helios propose son Livret Avenir, un compte d’épargne non rémunéré dont les dépôts permettent d’investir “en dette via des obligations dans des projets à impact via la licence bancaire de Solaris [le prestataire de Bankink-as-a-Service sur lequel s’appuie Helios, Ndlr]”, précise Maeva Courtois, cofondatrice et présidente d’Helios. “Un quart de nos clients en possèdent un, avec en moyenne 8 500 euros dessus”, ajoute-t-elle. La néobanque revendiquant 17 000 clients, les détenteurs du Livret Avenir seraient donc plus de 4 000. Pour rappel, Helios affirme avoir conclu avec Solaris un contrat qui cantonnerait les dépôts de ses clients afin de garantir “que pas un euro ne vient alimenter les secteurs représentant un risque pour l’environnement”, est-il rappelé dans la FAQ de la néobanque. “Une néobanque ne peut pas investir. L’argent est fongible. Une néobanque ne peut donc pas garantir que l’argent des ses dépôts ne finance pas un petit peu les énergies fossiles”, argue Matthias Rouberol, cofondateur, directeur général et CTO d’OnlyOne.
Ce premier produit d’investissement, s’il fait sourire les concurrents d’Helios à cause de son absence de rendement, n’est toutefois que la première brique de la stratégie d’investissement de la néobanque. L’assurance vie est la prochaine. “Nous avons ouvert les premiers comptes à notre comité d’ambassadeurs. Nous proposons ce service en marque grise avec [le spécialiste de l’investissement responsable, Ndlr] Goodvest”, détaille Maeva Courtois (pour en savoir plus sur Goodvest, lire l’encadré). La dirigeante explique que le Livret Avenir et le produit d’assurance vie sont complémentaires, le premier prenant le rôle de fonds euros non risqué puisque le second n’en dispose pas.