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EPI
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L’European Payments Council (EPC) doit dévoiler en décembre les détails techniques d’un futur scheme “Request to Pay” (RTP), qui a vocation à être déployé dans l’Union européenne pour divers cas d’usage. Le Request to Pay fait d’abord référence à une cinématique de paiement : le bénéficiaire souhaitant recevoir un paiement renseigne un certain nombre d’informations (montant, date d’exécution…) et notifie le payeur, qui doit valider le paiement. Cette cinématique existe déjà chez certains acteurs français, comme les applications de paiement entre particuliers Lydia ou Pumpkin sur lesquelles un utilisateur peut demander à un autre utilisateur un remboursement d’un certain montant. Mais au-delà de ce déroulé, le Request to Pay est surtout un service de messagerie standardisé, qui a vocation à être intégré aux infrastructures de paiement. “C’est un format spécifique qui permettra à tous les acteurs qui déploient une interface RTP d’être interopérables”, explique Pierre Lahbabi, CEO du cabinet de conseil spécialisé dans le paiement Galitt.
Le RTP permettra de déclencher des virements (dont, pour de nombreux cas d’usage, des virements instantanés SCT Inst, mais parfois aussi des virements classiques), après authentification par le payeur auprès de sa banque – soit sur l’application bancaire, soit via un Third Party Provider agréé en tant qu’initiateur de paiement PIS, au sens de la DSP2. Ce format donnera surtout la possibilité d’intégrer un certain nombre de modalités lors de la demande : la date du paiement (immédiat ou différé), paiement fractionné… “Le format est très riche, ce qui favorisera la multiplicité des cas d’usage”, analyse Pierre Lahbabi . Autre avantage : puisque le paiement passe par le virement SEPA, le système sera européen.
Les virements instantanés représentent désormais 6,5% des virements SEPA
Le RTP devrait majoritairement aboutir au déclenchement de virements instantanés (SCT Inst), déployés en 2018 dans l’Union européenne – et pourrait d’ailleurs contribuer à accélérer leur développement. Au second trimestre 2020, environ un an et demi après le lancement du virement instantané, les virements SEPA instantanés représentent 6,5% de tous les virements SEPA en Europe (accéder à notre baromètre).
En France, la plupart des grandes banques proposent désormais le service et la plupart ont décidé de facturer l’émission de virements instantanés aux particuliers, entre 0,80 et 1 euro l’unité. Certaines ont cependant fait le choix de la gratuité totale, comme le groupe Arkéa, ou bien d’une gratuité limitée à certains plafonds ou conditions. C’est le cas du Crédit Agricole et de BPCE (plafond de 300 euros), de Société Générale et BNP Paribas (500 euros par jour) et de Boursorama (un virement par jour, 2 000 euros maximum).
Plus récemment, des services dédiés aux entreprises ont vu le jour, à l’image de celui lancé par Arkéa en décembre 2019 et du service dévoilé par SocGen en juillet 2020, permettant de télétransmettre en un seul fichier des “virements de masse” en instantané, pour un montant unitaire allant jusqu’à 100 000 euros.