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Michael Lukasiewicz
Directeur médical
Roche Pharma France a ouvert il y a deux ans un centre de données médicales. Avec quelle intention ?
Au travers de ce centre, Roche essaie d’être l’architecte d’une infrastructure qui permette de démontrer la valeur de l’innovation et de soutenir le système de santé. Des équipes travaillaient déjà sur les données de vie réelle mais nous souhaitions des équipes beaucoup plus intégrées aux aires thérapeutiques pour qu’elles puissent très tôt, dans le développement, anticiper et préparer des plans de génération de preuves (evidence en anglais) en vie réelle qui allaient permettre d’accélérer l’accès à nos innovations, d’optimiser le suivi de nos produits en vie réelle mais aussi de contribuer à la soutenabilité du système de santé.
Avant, nous gérions des données souvent à la demande des autorités, de façon moins proactive. L’idée là est de devenir plus proactif, de commencer plus tôt dans la génération de données pour comprendre par exemple un besoin non couvert, pour s’assurer qu’on apporte les bonnes informations aux équipes en charge du développement des produits. Auparavant, l’essai de phase III arrivait, sans forcément de visibilité sur les besoins non couverts, et destiné surtout aux États-Unis mais peut être moins en France ou en Allemagne. Nous avons décidé d’investir dans les données de vie réelle parce qu’elles nous permettent de démontrer toute une série de preuves que les essais cliniques ne nous permettent pas d’obtenir, notamment dans les maladies rares ou la médecine personnalisée. Des équipes très intégrées, qui comprennent bien la pathologie, son traitement, les contraintes dans d’autres pays, peuvent apporter les informations qui permettraient d’avoir des essais cliniques répondant aux bonnes questions.