Agent virtuel et IA, le couple gagnant de l’automatisation

Image à la une de l'article Agent virtuel et IA, le couple gagnant de l’automatisation
L’automatisation s’est pendant longtemps appliquée à des tâches répétitives, mais cet usage évolue à présent. Le secteur bancaire doit voir grand et combiner différentes technologies pour automatiser des processus de bout en bout, estime Thomas Knidler, responsable du secteur bancaire de Blue Prism.
Cet article vous est proposé gratuitement par la rédaction.
Lancez votre essai gratuit de 15 jours pour découvrir l’ensemble de nos contenus

Nombreuses sont les entreprises ayant adopté les technologies BPM (Business Process Management) afin d’avoir une vue d’ensemble sur les processus métiers et surtout être en mesure de les optimiser. Bien que la BPM automatise les processus métiers complexes, de nombreuses tâches peuvent encore faire l’objet d’automatisation. Il ne suffit plus simplement d’automatiser le back-office pour réduire les coûts, mais également d’améliorer l’expérience digitale, l’innovation et l’expérience utilisateurs.

C’est pourquoi il est important d’aborder l’automatisation comme un moyen d’automatiser des processus de bout en bout et non seulement des tâches individuelles. Pour éviter des silos organisationnels tout en créant une réelle connexion entre les différents processus, il convient de combiner les technologies BPM et RPA agrémentées d’IA. En pratique, l’une se greffe sur une base de procédures d’entreprise, et l’autre automatise des tâches spécifiques au sein des processus.

L’automatisation robotisée classique devenue insuffisante

La RPA est une technologie d’automatisation logicielle qui émule l’interaction de l’utilisateur avec des applications informatiques, agissant principalement au niveau de l’interface graphique. Cette technologie est une évolution des applications de bureau classiques qui remplissaient des formulaires. Elle est certes polyvalente, mais limitée.

Si elle peut être appliquée à un large éventail de tâches, elle doit être considérée comme une solution initiale dans le cadre d’une transformation numérique plus vaste qui pourrait nécessiter une combinaison de la RPA avec des solutions ponctuelles et une automatisation avancée intelligente (IA, Machine Learning, etc.) pour une automatisation complète des processus.

Il est intéressant d’observer que les discussions sur l’automatisation des processus et l’IA ont tendance à suivre des voies distinctes. Cette situation est en train de changer, car les entreprises réalisent que la RPA et l’IA sont toutes deux nécessaires pour atteindre un degré significatif d’automatisation des processus de bout en bout.

Par exemple, même un établissement qui n’est pas prêt à déléguer la prise de décision à un agent virtuel intelligent et qui préfère automatiser certains processus devra quand même investir dans des outils comme la vision par ordinateur, le traitement du langage naturel, la reconnaissance vocale et d’autres technologies pour atteindre le niveau d’automatisation souhaité.

En pratique la RPA et l’IA se combinent déjà dans de nombreux cas et se rencontrent le plus souvent à l’intersection de deux tâches, où un transfert / jugement est nécessaire, convergeant vers ce qu’on appelle l’automatisation intelligente. Par exemple, un élément aussi élémentaire que l’enregistrement d’un bon de commande nécessite la capacité de scanner visuellement et d’extraire les informations requises des documents dont le format varie d’une entreprise à l’autre. La RPA seule ne peut le faire.

Il en est de même pour un processus physique, comme répondre à des demandes de renseignements par courrier électronique de manière automatisée. Pour ce faire, l’humain ou un agent virtuel intelligent doit être en mesure de déduire la signification du courriel et d’en extraire les informations clés pour déterminer les mesures à prendre. Ce n’est que lorsque l’humain ou l’agent virtuel intelligent a fait cela que le robot peut prendre les mesures appropriées.

La plupart des processus comprennent au moins une étape où les données sont reçues sous une forme non structurée (qu’il s’agisse de voix, de chat, de courrier électronique ou d’une forme structurée non normée telle qu’une facture). La signification de ces données est le territoire de l’IA, tandis que le suivi par une action spécifique prédéterminée peut être assuré par la RPA.

Enjeu de demain : la verticalisation du marché bancaire

Le quotidien des entreprises et notamment des établissements bancaires suppose des tâches complexes mêlant différents documents, des interactions humaines, la nécessité de se connecter à différents systèmes. Cette configuration ne permet plus de s’arrêter simplement à la mise en place d’une plateforme qui automatise des tâches répétitives. L’enjeu consiste à automatiser des tâches complexes avec une organisation hybride combinant agents virtuels et humains pour apporter davantage de flexibilité et d’intelligence dans le processus, de rentabilité et également renforce la satisfaction des collaborateurs et des clients.

La crise du COVID-19 a d’ailleurs démontré l’importance d’être capable, de basculer d’un mode de traitement humain à un mode de traitement automatisé afin, par exemple, de pouvoir rapidement opérer des rééchelonnements de prêts d’entreprise.

Pour y parvenir, il est nécessaire de disposer d’équipes motivées qui maitrisent les processus et les interactions avec l’organisation et les systèmes sous-jacents. Réaliser deux voire trois processus matures au sein d’une organisation est un bon début ! De plus s’appuyer sur un modèle de mise en œuvre qui intègre dès le départ la mise en échelle, afin de mutualiser les agents virtuels et combiner des technologies avec un modèle entraîné.

Les organisations bancaires ou non qui décideront la mise en œuvre de la RPA au sein de leur processus devront veiller à imbriquer des profils ayant des compétences en IA, car de nombreux objectifs de transformation en dépendent.

En effet, la nouvelle génération d’agent virtuel nommé les AIVAs sont dotés d’intelligence artificielle pour aller beaucoup plus loin dans l’automatisation. Il est donc indispensable d’inclure l’évolution de compétences au sein du processus d’automation de l’entité.

Thomas Knidler

Depuis 2019 : responsable du secteur bancaire de Blue Prism

2018-2019 : directeur régional des ventes Europe du Sud de SevOne

2007-2018 : chargé puis directeur de clientèle chez CA Technologies

2004-2007 : directeur de clientèle chez Fujitsu France

2001-2004 : chargé de clientèle chez DMR Consulting

Formation

Diplômé de Toulouse Business School

Vous avez une information à nous partager ?
Nos autres services
Research
La réalisation d'études sur-mesure : benchmark, panorama, newsletter personnalisée, contenus en marque blanche.
En savoir plus
Formations
Nos formations & masterclass : des formats courts pour le management, le coaching de dirigeants, la montée en compétence de profils junior.
En savoir plus
Events
Des conférences d'une demie journée dédiées aux problématiques du secteur et ouvertes à l'ensemble de l'écosystème.
En savoir plus
Ce que vous devez absolument lire cette semaine
Les contenus essentiels de la semaine sélectionnés par la rédaction.
Voir tout
Varo boucle sa Série G de 123,9 millions de dollars malgré ses pertes
Après une année 2025 difficile, le challenger états-unien Varo a bouclé une Série G de 123,9 millions de dollars valorisant la société à 1,1...
3 février 2026
Amundi accélère sur la distribution digitale
En ligne avec son plan stratégique 2025-2028 présenté en novembre, Amundi accélère sur le numérique. À l’occasion de la publication de ses...
3 février 2026
PayPal remanie sa gouvernance pour rassurer les marchés
Un peu plus de deux ans après sa nomination, le PDG de PayPal, Alex Chriss, est poussé vers la sortie. Si le conseil d’administration a reconnu que “des progrès...
3 février 2026
Josy Soussan quitte les affaires publiques de Klarna pour Mastercard
Josy Soussan, responsable des affaires publiques du Suédois Klarna, a annoncé le 2 février avoir rejoint Mastercard pour y occuper les mêmes fonctions. Avant Klarna...
2 février 2026
Les articles les plus consultés du mois sur mind Fintech
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
1
SocGen AI perd son directeur général un an après sa création
Moins d'un an après la création de SocGen AI, son directeur général Nicolas Méric a quitté Société Générale, a appris mind Fintech. Ce départ intervient alors que l'entité vient de livrer ses...
19 janvier 2026
2
LCL lance une banque en ligne pour les pros
La nouvelle offre de banque en ligne pour les pros L by LCL est intégrée à la banque et interconnectée à ses systèmes d’information, mais dotée de son propre core banking system. Objectif...
20 janvier 2026
3
Banque de détail : la grande bataille de la relation client
L’adoption des banques en ligne et challengers s’accélère tandis que la notion de banque principale se délite. Pour augmenter les points de contact et les revenus par client, le marché se met en...
28 janvier 2026
4
Facturation électronique : 8 mois pour conquérir le marché
Menace pour les banques, opportunité pour les plateformes de gestion financière… Derrière l’avènement de la facturation électronique en 2026, la réforme rebat les cartes de la gestion des flux...
14 janvier 2026
5
DCC2 : une année décisive pour les acteurs du BNPL
La nouvelle directive européenne relative aux contrats de crédit à la consommation (DCC2) s’appliquera à partir de novembre 2026. Les acteurs visés doivent donc engager les chantiers de mise en...
14 janvier 2026
6
Après des débuts timides, le pay by bank mise sur Wero et les régulateurs
L’initiation de paiement en open banking, rendue possible en 2019 par la DSP2, n’a connu qu’un développement timide. Mais l’amélioration des parcours, de nouvelles réglementations en sa faveur et...
21 janvier 2026