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Hokodo
API, gestion du risque, insurtech
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Defacto
crédit en ligne
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Aria
financement des entreprises, gestion de trésorerie
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Silvr
financement des entreprises
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Louis Carbonnier
Cofondateur et co-CEO Hokodo depuis mars 2018
Le fournisseur de solutions de paiement fractionné pour les entreprises Hokodo arrête son activité, a appris mind Fintech. La société a annoncé à ses clients la fermeture de son service en novembre 2025. Une équipe réduite gèrera les recouvrements jusqu’en mars 2026.
Basée à Londres, où elle a été fondée en 2018, la société est implantée en France depuis 2019. Hokodo avait levé 10 millions d’euros en Série A en 2021, puis 37 millions d’euros en Série B mi-2022, et enfin 10 millions d’euros en avril 2025. Parmi ses investisseurs figurent Korelya Capital, Notion Capital, Opera Tech Ventures (BNP Paribas), Mundi Ventures, Anthemis et Mosaic Ventures.
11,4 millions de livres de pertes
La société, qui a bouclé ses deux premières levées dans un contexte de valorisations élevées, a opté pour une stratégie agressive de développement, très consommatrice en capitaux. Hokodo a enregistré un chiffre d’affaires de 2,4 millions de livres sterling (environ 2,7 millions d’euros) sur l’année fiscale close fin mai 2024 (contre 1,7 million de livres l’année précédente) pour une perte de 11,4 millions de livres (8,1 millions l’exercice précédent).
La marge brute s’est établie à 36 % (contre 29 % l’année précédente). Les charges administratives se sont élevées à 12,89 millions de livres, soit une hausse de 3,7 millions de livres, et représentaient plus de cinq fois le chiffre d’affaires.
Avec un cash burn de 13,7 millions de livres sur l’exercice, la société disposait de 15,4 millions de livres fin mai 2024, soit un peu plus d’un an de visibilité à son rythme de dépenses. La levée de 10 millions d’euros bouclée en avril 2025 auprès de ses actionnaires n’a offert qu’un répit provisoire. “Les fonds seront utilisés pour financer l’innovation produit et l’augmentation de la capacité opérationnelle dans la perspective de la Série C”, indiquait alors la société. Selon nos informations, Hokodo a tenté de boucler un tour de table supplémentaire sans y parvenir.
Segment de marché difficile
Le segment du financement court terme BtoB s’avère difficile. Hokodo offrait à des commerçants BtoB de mettre en place des comptes clients – permettant à leurs propres clients entreprises d’acheter avec des délais de paiement présélectionnés tout au long du mois, puis de régler en une seule fois- ainsi que des paiements en 30, 60 ou 90 jours. Mais l’acquisition directe de PME est coûteuse et leur risque de crédit est plus élevé que celui d’acteurs plus matures et solides.
Finexkap, fintech pionnière sur le sujet, passée de l’affacturage au BNPL BtoB, avait d’ailleurs fini par fermer en 2022. Qashflo, solution de financement dédiée aux vendeurs de marketplaces, a cessé son activité début 2025, et la plateforme de financement à court terme Silvr a été déclarée en cessation de paiement en juillet 2025.
Plus récemment, Aria, lancée en 2021, a choisi de déployer une solution de paiement et de financement des factures intégrée aux ERP, logiciels de procurement et marketplaces (lire notre article à ce sujet). La société a dépassé le milliard d’euros financés depuis son lancement et devrait réaliser un montant similaire sur l’année 2026, indique à mind Fintech son CEO Clément Carrier, qui précise que 40 % du chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger. “Le secteur est compliqué et exige une gestion rigoureuse de la trésorerie et des coûts d’acquisition et de gestion. Il faut être très strict sur l’acceptation des clients pour une bonne maîtrise des risques.” Selon ses comptes sociaux consultés par mind Fintech, la société a enregistré en 2024 une perte nette de 3,62 millions d’euros. Sur le créneau, elle croise des concurrents comme Billie (soutenu par Klarna), l’Allemand Mondu ou encore le Norvégien Two, principalement dans les pays nordiques.
Defacto prépare son offre de BNPL BtoB pour 2026
Le spécialiste du prêt aux entreprises Defacto, qui propose de l’affacturage et du financement de stocks, doit également lancer sa solution de BNPL BtoB début 2026, selon nos informations.
“Notre conviction est que le BNPL BtoB ne peut pas être un business en soi, car il n’y a pas assez d’effet d’échelle, mais un cas d’usage dans une suite produit. Nous avons décidé de l’intégrer, car cela revient, en quelque sorte, à faire de l’affacturage auprès d’un marchand e-commerce, confirme le CEO Jordane Giuly. C’est une adjacence très naturelle à notre activité actuelle.” Alors que la société, qui s’intègre à des plateformes de gestion comme Pennylane, Qonto, Libeo ou Axonaut, s’adresse aujourd’hui plutôt à des sociétés de services, elle voit dans le BNPL BtoB un moyen de toucher les commerçants, en s’appuyant sur ses briques existantes : son agrément de société de financement, son module de paiement, l’assurance-crédit (via un partenaire), le scoring et la capacité de recouvrement. “Nous adaptons actuellement notre API pour faciliter le travail d’intégration des marchands e-commerce”, précise le CEO. Commercialement, “nous allons préférer la distribution intermédiée, via des partenaires spécialisés”.
En octobre 2024, le spécialiste du paiement BtoB RollingFunds avait par ailleurs annoncé un partenariat avec Defacto pour proposer du BNPL. “Nous leur apportons à la fois notre capacité de financement et notre infrastructure technologique pour automatiser la gestion”, indique Jordane Giuly. RollingFunds met en avant une expérience omnicanale et s’est tout particulièrement spécialisé dans les parcours “offline” en magasin, tandis que Defacto se concentrera uniquement sur le e-commerce.