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Stephan Hadinger
Directeur de la technologie Amazon Web Services depuis avril 2020
Amazon Web Services (AWS) a enregistré un chiffre d’affaires de 45 milliards de dollars en 2020, soit presque 12 % du chiffre d’affaires total d’Amazon, qui s’élevait à 386,1 milliards de dollars. Selon le cabinet de conseil Gartner, AWS générait plus de 50 % du résultat brut d’exploitation d’Amazon à l’été 2020. La filiale cloud computing d’Amazon domine le marché mondial (32 % des parts de marché contre 19 % pour Microsoft Azure et 7 % pour Google Cloud au premier trimestre 2021) bien que le taux de croissance de ses revenus soit moindre que ceux de ses concurrents (+32 % pour AWS contre +50 % pour Microsoft Azure et +56 % pour Google Cloud), d’après l’étude de Canalys sur les opérateurs de services d’infrastructure cloud.
Les premières années après sa création, en 2006, le cloud AWS attirait beaucoup les start-up. Puis progressivement, les autres types d’entreprises se sont également intéressées à la solution. La place dominante d’AWS lui permet d’attirer “des dizaines de milliers de clients entreprises en France, des millions dans le monde”, de tous secteurs et notamment des services financiers, tels qu’Euronext, AXA, Société Générale, Bankin’ ou PayPlug, rapporte Stephan Hadinger, directeur de la technologie chez AWS France. Par ailleurs, la filiale d’Amazon vient de lancer un nouveau service, FinSpace, à destination des sociétés financières (voir encadré). Retour sur la stratégie d’adoption d’AWS par des acteurs financiers et assurantiels.
Amazon FinSpace, un nouveau service AWS dédié à l’industrie des services financiers
Alors que Stephan Hadinger a insisté sur le caractère généraliste du cloud AWS et sur l’ambition de le rester, de ne pas créer des services associés à un business particulier, AWS a lancé début mai Amazon FinSpace, un service qui “simplifie la gestion et l’analyse de données pour les services financiers”, titre Sébastien Stormacq, principal developer advocate, dans un article du blog d’AWS.
Tout d’abord, le service permet de rechercher des données financières plus rapidement grâce à un catalogue dédié des données souvent utilisées dans le secteur (par exemple, les données du CAC 40, du S&P 500…), trouvables via une barre de recherche au sein de l’interface web. Ensuite, des fonctions sont intégrées à l’outil afin de mettre en forme les données, notamment pour les séries chronologiques, et de permettre l’analyse. Enfin, il permet de gérer l’accès aux données et génère des rapports de conformité et d’audit.
“Il s’agit d’un packaging de nos services d’analyse de données spécifiquement pour le marché financier. Nous faisons effectivement des solutions dédiées à certaines industries (comme le Connected Car Framework pour l’automobile). Il s’agit essentiellement d’un packaging d’offres existantes afin de permettre à nos clients de mettre en place les solutions plus rapidement”, précise Stephan Hadinger.
Amazon FinSpace n’est pour l’instant disponible qu’en Amérique du Nord et en Irlande.
Des enjeux sécuritaires
“Si le cloud est désormais largement utilisé dans de nombreux secteurs, son adoption reste encore faible dans la sphère financière”, constatait en 2017 Younes Guemouri, aujourd’hui directeur général Europe chez Finastra, dans une tribune pour mind Fintech.