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En 2013, l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP, devenue depuis ACPR) a publié un document intitulé “les risques associés au cloud computing”. Elle y définit l’informatique en nuage comme l’activité consistant “à déporter sur des serveurs distants des données et des traitements informatiques traditionnellement localisés sur des serveurs locaux voire sur le poste de l’utilisateur. Il permet l’accès via le réseau, à la demande et en libre-service, à des ressources informatiques virtualisées et mutualisées généralement facturées à l’usage.”
Dans les banques, “les discussions autour du cloud avaient commencé quelques années plus tôt, souvent autour du concept d’agilité, note Carlos Gonçalves, directeur des infrastructures informatiques du groupe Société Générale. Nous-mêmes nous sommes penchés sur la question vers 2011.” La migration, elle, s’amorce en 2014, en collaboration avec plusieurs fournisseurs. Chez BNP Paribas, à la même époque, une discussion s’engage sur la transition d’au moins une partie du “legacy system” vers un cloud privé, avec le partenaire historique IBM. Chez Deutsche Bank, c’est en 2016 que s’enclenche le mouvement, pour répondre aux problématiques du marché : “nous voulions plus d’agilité, un meilleur time-to-market, la possibilité de passer à l’échelle facilement et de la flexibilité”, énumère Tom Gilbert, directeur monde des technologies PaaS (platform-as-a-service) de la banque allemande.
Si les acteurs technologiques historiques tels que Microsoft sont des relais de poids, d’autres pistes émergent. Fin 2018, Lloyd’s a annoncé un partenariat stratégique avec la plateforme de core banking nativement dans le cloud Thought Machine. Quelles sont les stratégies qu’adoptent les institutions financières face à ces nouvelles infrastructures, synonymes de souplesse mais aussi d’externalisation d’activités souvent sensibles ? Vers quels prestataires se tournent-elles et pour quels usages ?
Une temporalité bousculée, des coûts maîtrisés
“La vraie question, c’est celle du changement de comportement de nos clients en matière de consommation des services bancaires, assène Carlos Gonçalves. Le cloud est un moyen de s’y adapter.” La Société Générale cherche à fournir aux clients leurs services bancaires n’importe où, n’importe quand, sur n’importe quel terminal, continue-t-il, “mais aussi d’aller en agence et de rencontrer des conseillers quand le besoin s’en fait ressentir”. Les nouveaux modes de consommation font que lorsque le client a besoin d’un service, il doit le recevoir tout de suite.
La vraie question est celle du changementde comportement de nos clientsCarlos GonçalvesDirecteur des infrastructures informatiques, groupe Société Générale
“Les logiques de livrables fournis en cinq ans ne fonctionnent plus du tout, estime Carlos Gonçalves. Et c’est là que le cloud intervient : c’est la réponse de la partie infrastructure à ce besoin qu’ont les développeurs de fournir des services plus rapidement, pour les adapter ensuite en temps réel, afin que le client puisse accéder à ses services bancaires comme il le souhaite.”
Autre objectif opérationnel : améliorer le time-to-market. “Passer sur le cloud, ça revient à avoir une infrastructure sécurisée, agile, sur laquelle je peux à tout moment appeler des API, un environnement de calcul et même une zone de stockage plus importante pour les opérations les plus lourdes en quelques lignes de commandes”, se réjouit Carlos Gonçalves.