Dans l’arsenal mis en place par le gouvernement pour soutenir les entreprises pendant la crise du coronavirus figure le prêt garanti par l’Etat (PGE). Ce prêt peut être accordé aux entreprises et professionnels (PME, ETI, agriculteurs, artisans, commerçants, professions libérales, entreprise innovante, micro-entrepreneur, association, fondation…) pour un montant pouvant aller jusqu’à 3 mois de chiffre d’affaires 2019, ou deux années de masse salariale pour les entreprises innovantes ou créées depuis le 1er janvier 2019.
Le taux d’intérêt du PGE s’élève à 0%. La prime de garantie est facturée entre 0,25 et 0,50% par an, et la garantie de l’Etat couvre 90% du PGE (“sauf pour les entreprises qui, en France, emploient plus de 5 000 salariés ou réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliard d’euros, où la part du prêt garantie par l’Etat est de 70% ou de 80%”). Enfin, le remboursement est différé d’un an puis peut être étalé jusqu’à cinq ans.
Les clients éligibles pourront se manifester jusqu’à la fin de l’année auprès de leur conseiller… mais les demandes affluent déjà. En une semaine, plus de 40 000 demandes de prêts ont été déposées auprès des banques, pour un montant moyen de 135 000 euros. En quelques jours, “chaque chargé d’affaires avait déjà reçu 10 à 15 demandes de clients”, relate Bertrand Cozzarolo, directeur adjoint clients, distribution, marketing chez Société Générale. De quoi noyer des agences et centres d’appels fonctionnant déjà en mode dégradé.
Pourtant, le gouvernement a indiqué que “les banques s’engagent pour ces professionnels et entreprises, quand leur chiffre d’affaires est inférieur à 10 millions d’euros (ou un seuil supérieur propre à la banque), à donner leur réponse dans un délai de 5 jours à compter de la réception d’un dossier simplifié assurant la conformité aux critères d’éligibilité”. Trois banques expliquent à mind Fintech comment elles se sont adaptées pour répondre aux demandes de leurs clients.
Préciser la loi
“La loi a été écrite dans l’urgence, pour répondre à la crise, par le Ministère des Finances, raconte Richard Rayon, directeur du marché entreprises au Crédit Agricole d’Ile-de-France. Et elle a engendré un océan de questions concrètes : par exemple, une entreprise qui n’a pas encore arrêté son chiffre d’affaires 2019 peut-elle y prétendre avec son CA 2018 ? Une ETI peut-elle centraliser sa demande autour d’un holding ?” La FBF et le Trésor ont organisé un système de FAQ pour apporter des réponses concrètes. “En général, elles arrivent en moins de 24 heures”.