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“Au deuxième trimestre 2023, le coût moyen mondial d’un transfert d’argent s’élevait à 6,2 %”, selon un rapport de la Banque mondiale paru en juin. Un taux moyen qui a perdu près de trois points de pourcentage en douze ans, depuis l’arrivée des remtech (contraction de “remittance” et de “technology”) sur le marché au début des années 2010.

Les WorldRemit, Wise (ex-Transferwise), Remitly (ex-Beamit), Azimo ou encore, TransferGo se sont lancés avec cet objectif de rendre les transferts d’argent moins coûteux, mais aussi plus rapides et plus simples et y parviennent chaque année un peu plus. Une progression est encore attendue par l’ONU dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD ou SDG en anglais) pour atteindre un coût cible de 3 % à horizon 2030.
Diminuer les coûts liés au transfert d’argent
Pour réduire les coûts, les remtech ont dû revoir l’ensemble de la chaîne de valeur du transfert d’argent telle que l’ont édifiée les acteurs historiques Western Union, MoneyGram ou encore Ria Money Transfer, ainsi que les banques traditionnelles. “Le marché a connu des changements significatifs, surtout au cours des vingt dernières années avec l’arrivée du numérique et d’une législation accommodante, rappelle Guillaume Yribarren, directeur adjoint de l’activité conseil du cabinet Galitt. D’abord par les opérateurs télécoms et les services de mobile money, qui ont permis aux individus d’échanger des minutes de téléphonie prépayée, transformant les téléphones mobiles en un moyen concret de transfert d’argent à l’échelle internationale. Ensuite, par les fintech qui sont arrivées avec des offres digitales”.
La combinaison de moindres coûts réglementaires et immobiliers, en se passant d’un réseau d’agences physiques, a en effet aidé les remtech à se lancer sur le marché. Pour compenser les agences de proximité des acteurs historiques, WorldRemit et Remitly ont noué des partenariats à l’international avec des retailers, banques et réseaux de wallets mobiles. Les Britanniques Wise et Atlantic Money ont eux fait une croix sur la gestion des espèces et s’adressent davantage aux CSP+ bancarisés dans les pays développés. “Nos clients particuliers sont des expatriés, des étudiants à l’étranger, des personnes qui souhaitent acheter une maison à l’étranger, qui envoient de l’argent à leur famille ou qui voyagent énormément, etc.”, énumère Julie Arnoux, directrice commerciale Europe de Wise Platform, la solution de Transfer-as-a-Service de Wise à destination des établissements financiers.
Le réseau de paiements singulier de Wise
Wise a décidé de changer les règles du jeu pour les transferts d’argent entre pays aux taux de bancarisation élevés. “Traditionnellement, dans le système bancaire, les transferts d’argent se font via la messagerie Swift et un système de correspondant banking. Plusieurs banques intermédiaires peuvent intervenir dans le processus”, rappelle Lorenzo Bertola, directeur du pôle banque, finance et assurance du cabinet de conseil mc2i. De son côté, Wise a développé un réseau de comptes bancaires (environ 470 d’après son dernier rapport annuel) dans le monde, “avec des intégrations dans les réseaux de paiement locaux. Ainsi, au lieu de réaliser une transaction internationale standard, nous effectuons deux paiements nationaux”, auxquels s’ajoutent des opérations de compensation entre les pays, explique Julie Arnoux. Au bout du compte, “chez Wise, un transfert d’argent de pair à pair est quasi instantané et coûte moins de 1 % du montant de la transaction, proche du taux de change de marché.