Face aux réalités du marché, les plateformes de crowdequity françaises entament une diversification de leur business model. Certes, les fonds recueillis par les plateformes de crowdfunding françaises (prêts, dons et equity) continuent de croître (296,8 millions d’euros en 2015 contre 152 millions d’euros en 2014, selon le baromètre de Financement Participatif France), même s’ils restent encore bien loin des montants du secteur au Royaume-Uni (3,2 milliards de livres en 2015, soit 3,7 milliards d’euros). Mais l’investissement dans les start-up reste un marché restreint (en France, 21 % des montants recueillis en 2015 selon FPF) et les plateformes sont conscientes que son expansion restera limitée.
Sélection limitée des dossiers
Comme les capitaux-risqueurs traditionnels, les plateformes ne peuvent multiplier le nombre d’entreprises financées, au risque d’en brader la qualité. Les trois plus gros acteurs du crowdequity dans l’Hexagone ont financé entre 15 et 20 entreprises en 2016. SmartAngels, par exemple, qui reçoit 1 200 à 1 500 dossiers par an, a permis à 22 sociétés de lever des fonds. Chez Wiseed, 4 analystes ont sélectionné 5 % des dossiers reçus. Anaxago, qui reçoit 500 à 800 dossiers par an, en a présenté une vingtaine à son comité d’investissement en 2016 pour finalement en sélectionner 15 (douze ont finalement réussi à lever des fonds).
Le marché des souscripteurs privés est aussi limité
Mais dénicher les perles rares des sociétés en demande de financement n’est pas le plus compliqué, assure Benoît Bazzocchi, président de SmartAngels : “Contrairement aux plateformes de crowdlending ou bien au crowdfunding immobilier, le coût d’acquisition d’un investisseur est plus élevé que celui d’une entreprise qui cherche des fonds.