Les fintech commencent à percer dans le secteur de la finance islamique. Elles se conforment donc à la charia, excluant les produits basés sur un taux d’intérêt fixe et prédéterminé (Riba), l’incertitude ou la spéculation, tout comme les secteurs liés à l’alcool, au tabac, aux paris, etc. “Il y a aujourd’hui une centaine de fintechs charia-compatibles dans le monde. 70% de ces sociétés opèrent dans la fourniture de services financiers (transfert d’argent, paiement, crowdfunding, etc.) et 30% dans le domaine de l’infrastructure technologique (incubateurs, robotique, systèmes IT). Plus de 45% de ces sociétés sont situées en Asie, 23% au Moyen Orient et Afrique, 24% en Europe et le reste aux Etats-Unis”, explique Mohamed Damak, responsable monde finance islamique chez S&P Global Ratings.
Selon IFN Fintech, à fin 2017, la Malaisie comptait le plus de fintechs islamiques (21), devant le Royaume-Uni (18), l’Indonésie (15) et les les Etats-Unis (14). De nombreuses fintech islamiques s’implantent en effet en Europe ou en Amérique du Nord pour cibler les populations musulmanes sur place (les immigrés turcs allemands pour Insha, les musulmans résidant en Europe et cherchant une alternative « responsable » à la banque traditionnelle pour MoneeMint).
Les fintech islamiques émergent tout juste, mais disposent d’un environnement de croissance favorable. Ainsi, selon Reuters, moins de 30% des ménages vivant dans les Etats membres de l’Organisation de la coopération islamique (OIC) disposent d’un compte bancaire et la pénétration du mobile y est forte. Il existe en outre environ 170 banques islamiques avec lesquelles les fintech peuvent collaborer, tandis que la population musulmane mondiale est amenée à croître, de deux milliards en 2015 à près de trois milliards en 2060 selon Pew Research.
Les principaux secteurs d’intervention des fintech charia-compatibles concernent le financement participatif, les logiciels bancaires, le transfert d’argent, ainsi que la gestion de fortune et le trading.