En novembre 2017, le « scheme » européen SCTinst, qui décrit le processus d’un virement instantané (Instant payment ou paiement instantané), entrera officiellement en vigueur. Le temps de traitement moyen devra alors osciller entre 10 et 20 secondes, le système fonctionnera à toute heure et 7 jours sur 7 et les fonds échangés seront plafonnés à 15 000 euros jusqu’en 2018… Plusieurs acteurs se positionnent déjà pour fournir une solution de paiement instantané européenne. ABE Clearing mettra en place en pilote à la fin de l’année une solution paneuropéenne pour le traitement des paiements en temps réel et la STET s’est aussi positionnée. Les banques, quant à elles, n’auront pas obligation de passer à un système de virements en temps réel. Mais la pression accrue des nouveaux entrants et des néo-banques, qui font du paiement instantané un argument différenciant, rend incontournable la rénovation de l’ancien système de paiements.
Passer de l’asynchrone à l’instantané
Pour supporter le paiement instantané, les banques devront se doter des infrastructures nécessaires. Or, passer de paiements en “batch” à des messages uniques nécessite des investissements colossaux. S’adapter à Instant Payments affecte en profondeur tous les aspects IT et les process business des banques, d’autant plus pour les grands acteurs internationaux. “Tous les traitements internes actuels ont été pensés en mode asynchrone puisque la transaction apparaît sur le compte bancaire après compensation”, décrit Nicolas Guillaume, senior manager chez Chappuis Halder. Parmi les transformations à prendre en compte : des changements opérationnels pour modifier les processus de vérification manuelle suite à des alertes ; la gestion de la trésorerie pour répondre aux besoins en liquidité des paiements immédiats, dont le pre-funding et les garanties de réconciliation réclamées par le scheme ; l’adaptation des interfaces clients ; la réconciliation (en accord avec le standard ISO 20022), le reporting…