L’authentification biométrique, longtemps cantonnée aux contrôles d’accès à des lieux physiques, fait son incursion dans le monde du paiement. La maturité atteinte par les technologies de reconnaissance biométrique combinée à la démocratisation des lecteurs permet à des commerçants et acteurs bancaires de les proposer à leurs clients. BNP Paribas Wealth Management a lancé le système MyBioPass mi-janvier au Luxembourg. La banque privée de BNP Paribas compte le déployer dans d’autres pays et sur d’autres segments de marché. « Nous
l’avons dans un premier temps mis en place pour la banque privée, mais d’autres clients peuvent également être intéressés », commente Mariam Rassai, responsable expérience client. « Des projets sont en cours au sein de quasiment toutes les banques françaises », révèle Julien Maldonato, directeur industrie financière chez Deloitte. « Nous accompagnons plusieurs d’entre eux qui sortiront d’ici un an environ ».
Meilleure conversion et diminution de la fraude
Le recours à l’authentification biométrique pour s’identifier sur son compte bancaire ou effectuer des paiements vise en effet notamment
à améliorer l’expérience client. « Cela résout un frein important à la digitalisation des clients, qui oublient souvent leur mot de passe ou leur numéro d’identification ou n’ont pas leur carte ou leur token sur eux », explique Frédéric Matterne, product owner MyBioPass. Selon Nuance, qui fournit des solutions de reconnaissance vocale (notamment à HSBC), 90% des utilisateurs préfèrent cette méthode aux moyens traditionnels (mot de passe, envoi de SMS…).
Mais surtout, ces solutions permettent de diminuer la fraude. D’abord, parce qu’elles identifient de manière extrêmement fiable le client (le plus gros risque étant que la lecture échoue et qu’il soit obligé de recommencer ou de passer par un autre biais d’identification) et parce qu’elles évitent le recours à des mots de passe souvent notés par écrit pour s’en rappeler.