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assurance dommages, assurance santé, assurance vie
1.1 Statistiques sur la pandémie de Covid-19
Au premier décembre 2023, il était estimé que la pandémie de Covid-19 avait causé la mort de 7 millions de personnes dans le monde et de 168 000 en France. En France, la surmortalité observée entre mars et mi-avril 2020 s’élevait à 26 % par rapport à la période 2000-2019. Il y a eu 40 millions d’infections recensées, 1 million d’admissions à l’hôpital et 158 000 admissions en soin critique, selon CovidTracker.
L’INSEE a montré, dans de nombreux bulletins, les impacts profonds sur l’activité économique et sur l’emploi. L’activité économique a chuté de façon inédite au deuxième trimestre 2020, atteignant -18,9 %. Sur l’ensemble de l’année 2020, en France, le PIB s’est contracté de 7,9 %, marquant le recul le plus important depuis l’établissement des comptes nationaux en 1949. D’après un rapport de la Cour des Comptes, la hausse des dépenses publiques a atteint 96,4 milliards d’euros en 2020 dont 86 % étaient directement liées à la gestion de la crise, ce qui s’est traduit par une augmentation de 20 points de PIB de la dette publique.
Comme le souligne l’étude Impact of COVID-19 on Insurers du FMI, ce sont ces répercussions économiques et financières indirectes qui ont eu les plus grandes conséquences pour les activités d’assurance. Le Lloyd’s a estimé l’impact de la crise du coronavirus à 200 milliards de dollars à l’échelle mondiale : 96 milliards de dollars liés à la baisse de la valeur des actifs et 107 milliards en sinistres découlant de la crise.
Les principaux impacts assurantiels en France ont été :
- En santé/prévoyance : une hausse de 4,4 % des remboursements de santé.
- En assurance-vie : une chute de près de 20 % de la collecte.
- En dommages et responsabilité professionnelle et d’entreprise : une augmentation de 2,9 milliards d’euro des indemnisations.
Cependant, certains assureurs ont pris, à titre dérogatoire, des mesures exceptionnelles pour compenser partiellement les pertes d’exploitation, suscitant de vifs débats. Cela inclut le jugement de la Cour de cassation de décembre 2022, qui a statué qu’un assureur n’était pas tenu d’indemniser les pertes d’exploitation découlant de la fermeture des commerces durant la crise sanitaire.
Malgré cela, le rapport annuel de l’ACPR sur les données du marché de l’assurance pour l’année 2021 montre que le secteur a globalement affiché une bonne résilience pendant la pandémie. Contrairement aux craintes initiales, l’impact de la crise sanitaire de 2020 a été limité. Une analyse sur une période plus longue révèle même une tendance à la croissance continue, ce qui nuance les discours alarmistes sur la fragilité des acteurs de l’assurance. En effet, le taux de couverture moyen du capital de solvabilité requis dans le secteur s’élevait à 253 % à fin 2021, en hausse de 11 points par rapport à fin 2020, grâce en partie à une politique monétaire très accommodante.
Pour aller plus loin :
- Interview menée par l’EIOPA de Petr Jakubik, Financial Stability Team Leader sur l’impact de la crise Covid sur les acteurs de l’assurance en Europe.
- Conférence de presse de mars 2021 avec Florence Lustman, présidente de France Assureurs, faisant le bilan de l’année 2020 et présentant les priorités 2021 pour le secteur de l’assurance.
- Étude sur l’impact économique du Covid 19 et les conséquences sur la transformation numérique du secteur.
1.2 Pandémies et épidémies : de quoi parle-t-on exactement ?
Le risque pandémique occupe la 16ème place dans le classement des risques établi 2023 par France Assureurs. La Banque mondiale définit une pandémie comme “une épidémie de grande ampleur qui frappe plusieurs pays et entraîne de graves risques sanitaires, sociaux et économiques.” Ces épidémies sont souvent liées au développement des maladies infectieuses émergentes, qu’il s’agisse d’un agent pathogène jusqu’alors inconnu ou d’un agent pathogène déjà identifié, mais ayant muté pour se transmettre à de nouvelles populations, espèces ou régions géographiques.
De nombreuses maladies infectieuses émergentes ont une origine zoonotique, c’est-à-dire qu’un agent pathogène d’origine animale, souvent un virus, a réussi à franchir la barrière des espèces pour infecter les êtres humains.