Open banking & Cambridge Analytica: quelles conséquences pour les banques ?

Image à la une de l'article Open banking & Cambridge Analytica:  quelles conséquences pour les banques ?
Selon une étude commandée par ForgeRock, seuls 26% des consommateurs français seraient prêts à partager leurs données personnelles afin de profiter d’offres personnalisées. Malgré cette réticence, les banques disposent de solides atouts sur le chemin de l'open banking, souligne Ismet Geri, vice-président de ForgeRock Europe du Sud et Benelux.
Cet article vous est proposé gratuitement par la rédaction.
Lancez votre essai gratuit de 15 jours pour découvrir l’ensemble de nos contenus

L’impact de l’affaire Cambridge Analytica continue de croître. Dans le sillage de Facebook, tous les services digitaux utilisant les données changent leurs conditions générales d’utilisation : Twitter, Google, Dropbox… mais les révélations de plus en plus fréquentes de fuites des données personnelles (Grindr, Direct Energy…) montrent que les pratiques en matière de traitement de la data par les entreprises sont de plus en plus surveillées.

L’impact généré par ces actualités n’est pas un feu de paille. Au contraire. Des conséquences à long terme vont se faire sentir sur l’ensemble de l’économie digitale, comme les habitudes de partage de data. Alors que le secteur bancaire ouvre et encourage le partage de données dans le cadre de l’open banking, l’affaire Cambridge Analytica montre les difficultés auxquelles sont confrontées les banques et fintech pour rendre le partage de data plus transparent.

Car si l’émotion légitime née du scandale Cambridge Analytica est passée, la vigilance des médias et des consommateurs demeure intacte. Les consommateurs deviennent plus regardants sur l’usage et la destination de leurs data. Certes, les banques se préparent déjà au RGPD, mais elles doivent s’assurer et prouver que les données de leurs clients sont utilisées de manière responsable. Les banques doivent donc se préparer à ce besoin de transparence qui émerge.

La question du partage des données sans consentement et leur protection n’a pas attendu l’affaire Facebook/Cambridge Analytica pour entrer dans l’agenda médiatique. Dans une étude que nous avons menée (*) : 53% des Français s’inquiètent d’avoir partagé trop d’informations personnelles en ligne, tandis que 57% ne savent rien ou presque de leurs droits concernant leurs data partagées en ligne. Par ailleurs, 50% des consommateurs ne souhaitent pas que leurs données soient partagées avec des tiers. Et seuls 26% seraient prêts à partager leurs données personnelles afin de profiter d’offres personnalisées. Pour l’open banking, le chemin vers l’adoption massive de l’idée du partage des données personnelles – qui plus est financières – représente donc un challenge de taille.

Pour les banques, ce capital confiance est inestimable
Ismet Geri
Vice-Président de ForgeRock Europe du Sud et Benelux

Toutefois, alors que les banques voient les néo-banques et fintech venir les concurrencer avec la directive DSP2 et l’open banking, elles peuvent jouer sur un atout de poids : le haut niveau de confiance que les consommateurs leur accordent. 76% des Français considèrent les banques et les organismes de cartes de crédit comme étant les plus fiables pour détenir leurs data. Il existe une corrélation forte entre le sentiment de contrôle de ses données personnelles et le niveau de confiance accordé aux entreprises. Dans notre étude, les banques et les sociétés émettrices de cartes de crédit sont les organisations qui donnent le plus le sentiment de contrôle à leurs utilisateurs avec 53%.

À la différence des start-up, les banques peuvent se prévaloir de relations anciennes avec leurs clients ainsi que d’un savoir-faire avéré en matière de stockage, gestion et sécurisation des données personnelles. Pour les banques, ce capital confiance est inestimable. Il doit être consolidé. Dans le contexte réglementaire et médiatique actuel, permettre aux consommateurs d’être pleinement en contrôle de leurs data leur permettraient de devenir les chefs de file d’une nouvelle ère, basée sur la personnalisation des services digitaux.

(*) Etude menée par ComRes Global pour le compte de ForgeRock, réalisée en janvier 2018 auprès de 8 000 personnes dans le monde : 2 000 en France, 2 000 en Angleterre, 2 000 en Allemagne et 2 000 aux Etats-Unis. Cette tribune fait uniquement référence aux chiffres français. ComRes est membre du British Polling Council.

Vous avez une information à nous partager ?
Nos autres services
mind Research
Décider : un service de recherche et de market intelligence sur mesure pour alimenter vos analyses et appuyer vos prises de décisions.
En savoir plus
mind Events
Se rencontrer : des conférences d'une demie journée dédiées aux problématiques du secteur et ouvertes à l'ensemble de l'écosystème.
En savoir plus
mind Ads
Communiquer : des dispositifs sur mesure pour maximiser votre visibilité et engager une communauté de professionnels qualifiés.
En savoir plus
Ce que vous devez absolument lire cette semaine
Les contenus essentiels de la semaine sélectionnés par la rédaction.
Voir tout
Younited vise un rendement des fonds propres supérieur à 10 %
L’info. Younited, spécialiste européen du crédit en ligne, a atteint la rentabilité en 2025, générant un résultat net IFRS positif de 7,3...
20 mars 2026
BoursoBank muscle son offre pour les pros
L’info. BoursoBank, qui a lancé fin 2024 son offre pour les entrepreneurs individuels Bourso Business (remplaçant Boursorama Pro, datant de 2017), élargit son panel de...
20 mars 2026
Monnaie de banque centrale tokenisée : la BCE détaille la feuille de route des projets Appia et Pontes
Le 11 mars, l'Eurosystème a publié la feuille de route des projets Pontes et Appia, consacrés à la monnaie de banque centrale tokenisée de gros. Le lendemain, un webinaire a permis aux équipes de...
19 mars 2026
Amundi fait appel à Spiko pour lancer un fonds de trésorerie tokenisé
L’info. Le gestionnaire d’actifs Amundi (groupe Crédit Agricole) s’associe à la plateforme française d’émission, de gestion et de distribution...
19 mars 2026
Les articles les plus consultés du mois sur mind Fintech
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
1
Combien de clients comptaient les banques en ligne et challengers fin 2025 ?
Fin 2025, en France, BoursoBank et Revolut poursuivent leur échappée, tandis que les autres banques en ligne, challengers et néobanques demeurent dans le peloton. De nouveaux entrants issus de...
18 mars 2026
2
Comment Smartpush a pivoté du cashback à l’IA agentique
Initialement positionnée sur l’analyse de données bancaires pour les programmes de cashback, Smartpush a pivoté vers les cas d’usage de la mobilité bancaire et de l’étude de solvabilité. La...
25 février 2026
3
Open banking : pourquoi le RSP inquiète les fintech européennes
Alors que le RSP et la DSP3 approchent de leur adoption définitive, l’ETPPA tire la sonnette d’alarme. Selon l’association européenne représentant les intérêts des fintech accédant aux API open...
4
Wallet d’identité numérique : la France va coordonner un nouveau consortium
L’info. Selon nos informations, France Titres va coordonner le lancement de Pacte, un nouveau consortium dédié au wallet d’identité numérique. Plus...
25 février 2026
5
PayPal coupe son intégration à Google Wallet en Allemagne
L’info. À partir du 31 mars 2026, il ne sera plus possible d’ajouter un compte PayPal à Google Wallet en Allemagne. Les comptes déjà liés...
18 mars 2026
6
PayPal accélère l’internationalisation de son stablecoin PYUSD
L’info. PayPal a annoncé le 18 mars 2026 l’extension de la disponibilité de son stablecoin adossé au dollar (PYUSD) à 70 pays, dont la Colombie, le Panama...
18 mars 2026