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Pierre Lahbabi
Conseil en stratégie et innovation depuis juin 2024
D’après l’Observatoire de la mobilité 2019 publié par l’Union des transports publics et ferroviaires, 48,8 millions d’habitants étaient desservis par les transports publics en France en 2018. En 2019, 73 % des Français résidant dans les territoires de plus de 50 000 habitants utilisaient les transports publics de manière régulière, c’est-à-dire au moins une fois par mois. En valeur absolue, ce sont 6,2 milliards de voyages effectués dans le transport public urbain dont 46 % en province. En cinq ans (2014-2019), la fréquentation a augmenté de 10 points (de 63 à 73 %), preuve de l’enjeu que la mobilité représente pour les acteurs du secteur qui doivent, par conséquent, innover pour s’adapter à cette demande grandissante tout en améliorant l’expérience du service. Selon l’édition 2018 de ce même rapport, les dépenses de fonctionnement des transports publics se portaient à 7,68 milliards d’euros (dont 3,45 milliards pour la RATP) pour des recettes commerciales s’élevant à 3,74 milliards d’euros (dont 2,4 milliards pour la RATP).
Le développement de l’open payment dans les métropoles de l’Hexagone depuis 2018 est l’une des réponses mises en place par les autorités organisatrices des mobilités (métropoles et agglomérations). Dans un contexte de mobilité, cette solution de paiement offre aux utilisateurs la possibilité de se déplacer au sein d’une métropole munis d’une seule carte de paiement sans contact (compatible EMV). Autrement dit, “la carte bancaire devient le titre de transport”, résume Sophia Briouel, CEO du cabinet de conseil Wepuls et membre du conseil d’administration de l’Association du Paiement, lors d’une web-conférence sur le sujet.
La première initiative d’open payment dans les transports publics a eu lieu à Londres à l’occasion des Jeux Olympiques de 2012 et s’est développée jusqu’en 2014. L’idée de base résidait dans la facilitation, pour les touristes ou voyageurs britanniques occasionnels, d’utiliser les transports grâce à la technologie NFC. Ce dispositif devait améliorer l’expérience utilisateur en évitant à ce dernier la file d’attente aux distributeurs automatiques de transport (DAT), les problèmes de compréhension linguistique, ou encore de la grille tarifaire du réseau de transports. Pourtant, malgré ces avantages multiples, une solution d’open payment ne se met pas en place dans n’importe quel pays, à n’importe quel moment. Si le premier projet français n’a vu le jour qu’en 2018 (à Dijon), c’est parce que cela nécessite auparavant quelques pré-requis sociétaux.
Un environnement propice à l’open payment
Tout d’abord, le système reposant sur du paiement sans contact, il suppose que la cible d’utilisateurs soit matériellement munie d’une carte de paiement avec l’option sans contact (ou grâce à un portefeuille électronique ou un wearable). Avec plus de 90 % des cartes CB en circulation qui disposent de cette fonctionnalité, le marché français est aujourd’hui en capacité d’accueillir cette innovation. Mais au-delà de la démocratisation de l’objet, un projet d’open payment doit aussi s’inscrire dans un environnement où le sans contact est un usage à la fois accepté et utilisé. Les paiements sans contact représentaient 25 % des paiements par carte en août 2018, l’année où le premier projet d’open payment a vu le jour en France (contre presque 50 % en moyenne en Europe, selon Mastercard).