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Sophie Guibaud
Cofondatrice Fiat Republic
L’application de la DSP2 sera finalement moins contraignante pour les banques que l’esprit de la directive n’aurait pu le laisser croire. Les RTS (Regulatory Technical Standards) édictés par l’Autorité bancaire européenne (EBA) réclament l’interdiction des pratiques de web scraping des nouveaux acteurs. Dans le même temps, les banques n’auront l’obligation de fournir un accès aux transactions bancaires que quatre fois par jour -un frein pour les agrégateurs puisque les paiements en temps réel seront bientôt introduits dans toute l’Union européenne. Pour se connecter plus souvent aux API des banques, les acteurs-tiers (les agrégateurs de comptes dits AISP, Account Information Service Providers, ou les solutions de paiement pour e-commerçants comme l’allemand SoFort dits PISP, Payment Initiation Service Provider) devront signer un accord bilatéral avec la banque… qui gardera donc le pouvoir de leur faire payer l’accès. Reste aussi à savoir ce qu’il adviendra des comptes d’épargne et de crédit, a priori pas concernés par la DSP2, mais que Bercy compte par exemple bien inclure dans l’application française pour ne pas laisser de zone grise.
Peur de la désintermédiation
Les banques freinent des quatres fers et rechignent à ouvrir leurs données de paiement. “Elles voient l’intérêt pour le consommateurs mais l’équation économique est loin d’être évidente car créer les API et les faire fonctionner va avoir un coût certain”, note Jérémy Borot, de McKinsey. Résultat : si les responsables innovation sont enthousiastes, les décisions volontaristes ont du mal à suivre… D’autant que les départements IT sont peu enclins à engager des chantiers extrêmement coûteux d’APIsation. La peur de la désintermédiation par les nouveaux entrants surpasse les gains possibles.