A l’approche de l’entrée en vigueur de la DSP2, le secteur de l’agrégation de comptes et des PFM (gestion des finances personnelles) décolle. “Toutes les grandes banques françaises se sont associées à une start-up d’agrégation ou sont sur le point de l’être pour lancer leur service”, décrit Romain Bignon, CEO de la start-up Budget Insight. Pourtant, la monétisation de ces applications n’est pas encore évidente.
Du côté des acteurs traditionnels, le lancement d’un agrégateur de comptes répond avant tout à une volonté d’offrir un service maison aux clients, d’éviter la désintermédiation et pourquoi pas d’augmenter la part de clients en faisant leur banque principale. “En leur offrant un service innovant auquel ils se connectent tous les jours, nous voulons leur donner envie d’ouvrir un compte principal chez nous”, expliquait ainsi en décembre 2016 Cédric Mignon, directeur du développement de la Caisse d’Épargne, à l’occasion du lancement du service d’agrégation et de catégorisation des dépenses Banxo.
Et il faut dire que la loi Eckert, entrée en vigueur début 2016 et qui renforce les dispositions concernant les comptes bancaires inactifs et contrats d’assurance vie en déshérence, risque de créer un mouvement de marché qui bénéficiera aux banques principales. “Aider les clients à gérer leurs comptes et essayer de capter la relation principale grâce à un service d’agrégation permettant de faire des virements devient un gros enjeu pour les acteurs traditionnels, et peu importe si le service n’a pas encore de business model direct”, décrit Pierre de Brabois, partner services financiers chez Wavestone, qui travaille avec des banques sur la préparation de la DSP2.
Crédit Mutuel Arkéa fait figure d’exception
De HSBC à Boursorama en passant par Nestor, un service de la MAIF, l’objectif premier reste bel et bien de fidéliser ses clients et de favoriser le cross-selling. Ainsi, Nestor ne vise pas la rentabilité avant cinq à sept ans, minimum (voir encadré). Chez Boursorama, Fiduceo, racheté et intégré en 2015, est réservé aux clients de la banque en ligne (et à ceux de sa maison-mère Société Générale, qui l’a déployé au début de l’année) et gratuit. Pour l’instant, pas de pistes de monétisation, même si à terme, Benoît Grisoni, directeur général adjoint, n’exclut pas un modèle publicitaire, du cross-selling ou bien encore du couponing en partenariat avec des commerçants.
Crédit Mutuel Arkéa semble faire figure d’exception : la banque a annoncé le 29 mai le lancement d’une start-up interne baptisé Max, dotée de 20 millions d’euros de budget. L’application qui verra le jour en septembre intégrera un service d’agrégation mais aussi, de façon native, des services de conciergerie et de conseil financier personnalisé (renégociation de crédit, optimisation des assurances, investissement immobilier)…