DSP3, FiDA, nouvelle directive crédit, facturation électronique, Instant Payment, VoP, MiCA, DORA, AI Act… L’actualité réglementaire est riche pour l’écosystème de la finance numérique ! Souvent analysées sous le prisme de leurs contraintes, mind Fintech prend le contrepied et s’intéresse aux opportunités business liées aux nouvelles législations. Aide à l’expansion géographique, développement de nouveaux services, mieux répondre aux besoins des clients… Sur le papier, les opportunités existent. Mais en coulisses, tous les acteurs n’y sont pas forcément favorables. Que ce soit sur le contenu des textes, leur mise en application ou même leur existence.
Lors de la troisième édition de son mind Fintech Day qui a eu lieu le 25 juin, l’équipe de mind Fintech a donné la parole à plusieurs acteurs de l’écosystème pour appréhender au mieux les différents points de vue qui se côtoient : fintech, insurtech, grands groupes bancaires, associations de professionnels, régulateurs, politiques, cabinets d’avocats et de conseil…
Laurent Darmon ouvre le mind Fintech Day
Première personnalité à prendre la parole lors du mind Fintech Day : Laurent Darmon, directeur de l’innovation et des nouvelles activités de Crédit Agricole. Évoluant au contact de la fintech aux côtés des start-up de La Fabrique by CA depuis plusieurs années, Laurent Darmon rappelle que le Big Data a changé la donne et impliqué de nouvelles réglementations dédiées, à commencer par le règlement général sur la protection des données (RGPD). Le tout est de trouver l’équilibre entre “la protection du consommateur et la protection du côté systémique du secteur financier”, indique le dirigeant. La data est manipulable. Entre le nudge et la manipulation, la frontière est mince. D’où les garde-fous avec l’AI Act.”
Quant à faire des réglementations une opportunité, Laurent Darmon prend l’exemple de la prise en charge du KYC des associations via un partenariat avec Yapla, une plateforme SaaS permettant aux associations de gérer leurs flux financiers et la vie associative, issue de son start-up studio. “Le KYC est un poids pour une banque. Pour réduire la charge, nous avons formé un partenariat avec Yapla. Yapla devient gratuit pour les associations qui partagent leur KYC avec le Crédit Agricole, ce qui forme ainsi un cercle vertueux.”
Prochaine réglementation sur laquelle Crédit Agricole veut s’appuyer : la facturation électronique. “Derrière une facture, il y a un paiement, qui est un métier historique de la banque. La question que nous devons donc nous poser est : comment apporter de la valeur ajoutée, au sein de la banque, grâce à la digitalisation, pour faire le lien entre comptabilité, gestion et banque”, déclare Laurent Darmon, conscient du nouveau marché que cette réglementation va ouvrir et qui peut grignoter des revenus aux établissements bancaires.
À un horizon plus lointain, le dirigeant prévoit également plus de réglementation concernant l’intelligence artificielle, ainsi que sur l’informatique quantique.