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Stoïk
assurance dommages, courtage
Le spécialiste du risque cyber Stoïk annonce le 8 décembre avoir franchi le seuil des 10 000 PME et ETI couvertes. “50 % sont en France [où Stoïk s’est lancé en décembre 2021, Ndlr] et 35 % viennent de notre deuxième marché, l’Allemagne [ouvert en septembre 2023, Ndlr]”, souligne Thomas Renaud (ex-Gan Assurances), directeur France de l’insurtech.
Les 15 % restants se répartissent entre les “autres géographies plus naissantes : l’Autriche, prise en charge par nos équipes allemandes, l’Espagne depuis début 2025, ainsi que la Belgique, où nous avons démarré grâce à notre première opération de M&A”, précise Thomas Renaud. Stoïk a en effet racheté son homologue belge CyberContract en septembre 2025. “C’est un acteur qui avait un ADN proche du nôtre, à la différence qu’il n’avait pas de brique de digitalisation. L’acquisition nous a permis de débuter avec un portefeuille de clients flamands existants [CyberContract comptait 150 partenaires courtiers et couvrait un millier de PME, Ndlr]. Nous avons ouvert la Belgique francophone également”, détaille le directeur France.
Un réseau de 2 000 courtiers
Stoïk est aussi présent sur les marchés luxembourgeois et monégasque. “Nous insistons moins sur ces marchés, car le potentiel n’est pas le même que sur les autres. Ce sont plutôt des géographies complémentaires demandées par nos partenaires courtiers français, allemands et belges, qui y gèrent des entités”, explique Thomas Renaud.
L’insurtech évolue comme courtier grossiste et s’appuie désormais sur un réseau de 2 000 courtiers pour vendre ses polices d’assurances. “Les courtiers sont notre canal de distribution exclusif car nous estimons qu’ils sont les interlocuteurs privilégiés des dirigeants d’entreprise au quotidien. Certains sont très orientés ETI, d’autres sur des verticales métiers (industrie, transport, professions du droit, etc.)”, indique le dirigeant. Début décembre 2025, les ETI représentent 10 % des clients finaux de Stoïk, précise Thomas Renaud.
Un marché de l’assurance cyber amené à se durcir
Alors que l’année 2025 touche à sa fin, le directeur France affirme que Stoïk est en bonne trajectoire pour remplir ses objectifs – l’insurtech annonçait notamment en février 2025 viser les 45 millions d’euros de primes pour l’année à venir. Thomas Renaud tempère toutefois ses ardeurs. “2025 est la troisième année de soft market, avec même des effondrements sur certaines verticales. C’est très variable selon les segments d’activité ou les tailles d’entreprise, mais il y a quand même une baisse du niveau de prime et donc de la prime moyenne [qui s’élevait à 5 000 euros pour Stoïk en 2024, Ndlr]”.
Le directeur France garde notamment un œil sur le marché américain, le plus grand en assurance cyber. “Depuis trois semaines, les articles de la presse financière aux États-Unis se multiplient à propos du retour du hard market. Les acteurs se préparent à un durcissement des conditions et à la hausse mécanique des tarifs sur la verticale cyber. C’est la conséquence d’une sinistralité en augmentation sur le temps long qui se conjugue à un effet ciseau avec la prolifération d’offres ayant entraîné une baisse des tarifs. Nous nous attendons donc, probablement en 2026 ou 2027, à un nouvel équilibre à trouver sur le marché européen.”
En 2024, le volume de primes d’assurance cyber en France était en léger recul par rapport à 2023 (-3 %), à 317 millions d’euros, selon le rapport “LUmières sur la CYberassurance” (LUCY) publié par l’Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (AMRAE). Le ratio de sinistralité, quant à lui, remontait à 17 %, contre 12 % en 2023.
