Après une présidence polonaise début 2025, le Danemark a pris la main en juillet. La nouvelle présidence veut “poursuivre les trilogues sur le paquet renforçant la protection des investisseurs particuliers (RIS), ainsi que sur le futur cadre de partage des données financières (FiDA)”, selon la liste de ses dossiers prioritaires. “C’est une présidence volontariste, très bien organisée et structurée, avec un bon niveau d’expertise”, se félicite Jérôme Balmes, directeur data, technologie et innovation de France Assureurs. En parallèle, du côté de la Commission, la nouvelle commissaire aux Services financiers, Maria Luis Albuquerque, a fait de FiDA l’un de ses chevaux de bataille (voir encadré). Les négociations en trilogue sur ces deux textes, un temps laissés de côté, pourraient donc connaître des avancées significatives d’ici la fin de l’année.
Une commissaire aux Services financiers très engagée sur FiDA
En décembre 2024, Maria Luis Albuquerque a été nommée commissaire aux Services financiers et à l’Union de l’épargne et des investissements, succédant à Mairead McGuinness (2020-2024). Dans sa lettre de mission, adressée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, il est précisé qu’elle doit “poursuivre les travaux visant à améliorer la finance et les paiements numériques pour soutenir les nouvelles technologies dans notre système financier, mettre en œuvre un cadre d’accès ouvert aux données financières pour les entreprises et continuer à surveiller les nouvelles opportunités et risques liés aux technologies numériques”.
Selon Martin Gylfe, CEO d’Insurely, “Maria Luís Albuquerque a fait de FiDA non seulement une priorité majeure, mais également une composante centrale du projet d’Union de l’épargne et de l’investissement, dont l’objectif est de retenir davantage de capitaux sur le continent”.
Lors d’un discours prononcé en février 2025, elle a indiqué être “convaincue que la concrétisation du potentiel d’un véritable environnement d’open finance changera la donne, tant pour les consommateurs que pour les entreprises. (…) Nous devons être ambitieux et viser un accord rapide sur FiDA avec le Conseil et le Parlement. Nous disposons déjà d’une base solide, avec un alignement sur des aspects clés, notamment le périmètre et les schémas, qui constituent des éléments essentiels pour en faire un succès”.
Du côté de la Commission européenne comme du Conseil, FiDA figure donc parmi les priorités, et toutes les parties prenantes reconnaissent la forte pression exercée par les colégislateurs pour faire avancer les négociations.
FiDA : un arbitrage sur les principaux enjeux politiques avant fin 2025 ?
Le trilogue sur FiDA, qui devait reprendre en septembre après une session tenue en juin, n’a finalement pas eu lieu en raison de l’indisponibilité du rapporteur du Parlement, Johan van Overtveldt.