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Macif
assurance dommages
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Yann Arnaud
Directeur métier IARD Macif depuis mars 2026
Le paysage européen du véhicule électrique “aurait pu être complètement différent”, dites-vous. Qu’est-ce qui a été manqué ?
Nous avions des constructeurs européens, contraints de s’inscrire dans le calendrier fixé par la Commission européenne [elle a proposé d’assouplir l’échéance de 2035 en remplaçant l’interdiction totale des voitures thermiques neuves par un objectif de baisse de 90 % des émissions à l’échappement, encore en négociation entre États membres et Parlement, Ndlr], mais qui l’ont fait dans une logique concurrentielle, sans volonté de coopérer ou de partager des approches techniques communes. En conséquence, ils n’ont pas mis en place une stratégie commune de défense de leurs intérêts. Or, si l’on s’était entendu, par exemple, sur un standard européen de packs de batteries interchangeables, valables pour une Audi, une Volkswagen, une Peugeot ou une Renault, sur le modèle de ce qu’on observe dans certains pays d’Asie, on aurait obtenu deux effets très bénéfiques : le client final n’aurait plus payé la batterie à chaque achat, ce qui aurait facilité l’accès, et en maîtrisant la norme technique, l’industrie se serait protégée. Au lieu de cela, les constructeurs ont surtout cherché à repousser les échéances. Résultat : il y a assez peu de chances aujourd’hui que l’industrie européenne arrive à éviter le tsunami parce qu’elle ne s’est pas suffisamment protégée face aux dizaines de nouveaux entrants chinois, et demain des acteurs indiens ou brésiliens.
Au-delà du contexte industriel, le véhicule électrique est-il un bon risque pour un assureur ?
La Macif a favorisé l’électrique d’un point de vue tarifaire très tôt, il y a une vingtaine d’années, par conviction, à travers un dispositif baptisé “véhicules propres et sûrs” : à modèle équivalent, la version électrique ou hybride était moins chère que l’essence ou le diesel.