En 2021, quatre anciens de BNP Paribas (dont trois rencontrés en salle des marchés), Jean-Yves Rettel, Adrien Farras, Vincent Voisin et Alexandre Torbay, lancent la solution de paiements internationaux Keewe. Celle-ci vient d’abord résoudre un problème financier : “les banques tirent profit de la situation des PME et génèrent une rente considérable sur leurs opérations sur le forex”, affirmait Jean-Yves Rettel à mind Fintech en 2022.
Keewe est loin d’être la première fintech à se bâtir sur ce constat et elle rejoint, sur ce créneau, des sociétés comme Wise, Thunes ou encore iBanFirst. Elle s’appuie d’ailleurs en grande partie sur Currencycloud, une fintech dédiée aux paiements transfrontaliers, lancée en 2012 puis rachetée par Visa en 2021 pour environ un milliard de dollars. Mais Keewe veut se différencier de ses concurrents grâce à une promesse d’accompagnement de ses clients dans leur transition écologique.
Cashback orienté vers la transition écologique
La start-up s’illustre notamment dans ce qu’elle nomme les “green payments”. “Grâce à un modèle d’IA que nous avons créé, nous détectons quel produit est acheté ou vendu et en calculons l’empreinte carbone (production, transport, cycle de fin de vie…). Puis, une fois le paiement effectué, nous reversons 15 % de nos revenus sous forme de cashback fléché vers des causes à impact, pour aider les entreprises à financer leur transition écologique [soit un service de compensation carbone, Ndlr]”, explique Adrien Farras, devenu président de Keewe début 2025.
Ce service de bilan carbone trouve un écho réglementaire avec le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF ou CBAM en anglais, voir encadré), qui concerne les entreprises qui importent des produits hors UE. Keewe a profité de cette opportunité législative européenne pour développer un produit dédié.