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Candice Dauge
Directrice du programme Identité Numérique La Poste La Poste
Le 23 juillet 2014, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne (UE) ont adopté le Règlement eIDAS, “sur l’identification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques au sein du marché intérieur”. Objectif : rendre sécurisés et interopérables en ligne l’identification électronique, les “services de confiance” (création, vérification et validation de signatures électroniques, cachets électroniques, horodatages électroniques,, etc) et l’échange de documents électroniques dans tous les pays de l’UE.
Une avancée de taille, alors que Facebook a lancé son outil Facebook Connect dès 2008, suivi par Google avec Google+ Sign-In (aujourd’hui Google Sign-In) en 2013. Car le règlement veut faciliter l’usage d’identités numériques. Grâce à une identification unique et sécurisée, l’utilisateur doit pouvoir accéder à plusieurs services, voire transmettre des documents. L’intérêt est manifeste pour les secteurs de la banque et de l’assurance. En 2020, 63 % des consommateurs abandonnent en plein milieu du processus d’ouverture d’un compte en ligne chez des banques scandinaves, britanniques et allemandes, selon une étude de Signicat. Une solution robuste et reconnue permettrait de faciliter l’entrée en relation avec de nouveaux clients.
Des identités numériques reconnues à un niveau gouvernemental peuvent aussi servir des cas d’usage proches de ceux imaginés dans le sillage de l’open banking, et basés sur l’échange sécurisé de documents officiels comme des justificatifs de domicile ou d’imposition. “Une identité numérique partagée permettrait la fluidification des parcours pour tout le monde, estime Candice Dauge, directrice du programme Identité Numérique du Groupe La Poste. L’utilisateur n’aurait plus à partager dix fois les mêmes documents et les entreprises enregistreraient de meilleurs transferts de leurs prospects numériques et des coûts informatiques plus bas que ce que leur demandent actuellement leurs procédés de KYC.”
Pour une industrie dont l’activité repose depuis sa création sur la confiance, la gestion d’une identité numérique peut même représenter une nouvelle source de revenus.