Un à trois milliards de dollars, c’est selon les études le coût de la R&D pour mettre sur le marché un médicament. Cela comprend notamment les phases de découverte de candidats médicaments et celles des essais cliniques. Pour les premières, le Leem rappelle que pour “10 000 molécules criblées”, “dix feront l’objet d’un dépôt de brevet et une parviendra à passer toutes les étapes de tests et d’essais cliniques pour devenir un médicament”. Devant un tel nombre de candidats médicaments et afin de limiter les dépenses et limiter le temps de travail, de nombreux logiciels ont été mis au point pour faciliter la tâche aux équipes de recherche. Leurs technologies et modes de fonctionnement diffèrent.
Modèles de prédiction, analyses de structures 3D…
Chez Owkin, l’approche consiste à appliquer la blockchain et le machine learning (plus précisément l’apprentissage fédéré). La start-up franco-américaine a été sélectionnée dans le cadre du projet européen Melloddy, financé à plus de 18 M€ et visant à développer une plateforme pour créer des modèles plus précis dans la prédiction des composés susceptibles d’être retenus dans les dernières étapes de la découverte et du développement de médicaments. Melloddy se base sur la plateforme Substra d’Owkin : “Substra constitue une couche où sont entraînés les algorithmes et chacune des entreprises pharmaceutiques membre du consortium utilise ce réseau d’apprentissage distribué qui est traçable et sécurisé”, explique Anna Huyghues-Despointes, directrice stratégie d’Owkin.
Une autre entreprise s’appuie sur l’intelligence artificielle : britannique Healx. La société utilise l’IA sur sa plateforme HealnetAI pour générer des modèles in silico de liens entre médicaments et maladies. Ceci permet de trier parmi les molécules pharmaceutiques approuvées et déjà sur le marché celles qui pourraient traiter des maladies rares. Ian Roberts, director of therapeutic technology chez Healx, détaille cette activité : “nous utilisons le big data et l’IA et leurs résultats avec des informations internes sur la pharmacologie et la biologie des maladies ainsi qu’avec l’expertise de groupes de patients avec lesquels nous collaborons, afin d’identifier des molécules existantes qui pourraient traiter d’autres maladies.