Joachim Behar fut, au moment de sa nomination, le plus jeune Professeur du Technion. Cet ingénieur spécialisé dans l’intelligence artificielle, dirige le AIMLab (Artificial Intelligence in Medicine Laboratory) du Technion et un spin-off de l’université baptisé Tera (Technion-Rambam Initiative for Artificial Intelligence in Medicine). Ces deux structures cultivent un usage original de l’IA, assez éloigné des traditionnels projets de recherche en médecine.
L’AIMLab : valoriser les données non-structurées
« Beaucoup de données sont enregistrées en clinique, mais très peu de ces données sont en définitive utilisées, puisque le plus souvent le praticien se concentrera sur certaines valeurs comme la moyenne de la fréquence cardiaque ou respiratoire », observe Joachim Behar. Il souligne que « les données brutes sous-jacentes, enregistrées par différents capteurs et techniques d’imageries sont potentiellement beaucoup plus riches en informations ». À noter qu’en matière de protection des données, il n’existe pas en Israël d’équivalent du RGPD européen ou de l’HIPAA américain. « La régulation israélienne sur les données est laissée à l’appréciation des directeurs de centres médicaux. Les données sont anonymisées et la manière de les partager est laissée à leur discrétion », explique Joachim Behar.