L’info. La biotech Bionyra Pharma a officialisé ce 22 juin son lancement, avec une série A sursouscrite de 165 M$ (143 M€) qui lui permettra de conduire le développement clinique de biothérapies de nouvelle génération dédiées aux maladies inflammatoires à médiation immunitaire.
Plus de détails.
- Bionyra Pharma a été créée en septembre 2025 par le fonds français Sofinnova Partners et le Dr Frédéric Marrache (cf. photo), gastroentérologue, ancien responsable de la stratégie R&D et du développement clinique des médicaments dédiés aux maladies inflammatoires à médiation immunitaire chez Sanofi. Sofinnova a financé la biotech dès sa phase d’amorçage.
- Cette levée de fonds, menée conjointement par Jeito Capital et Sofinnova Partners, a également vu la participation des fonds Sanofi Ventures, Sixty Degree Capital, Vives Partners et Apollo Health Ventures. Frédéric Marrache confie à mind Health qu’il n’exclut pas la possibilité d’une introduction en bourse de sa société.
- Le pipeline de Bionyra comporte trois biothérapies de nouvelle génération, en phase clinique ou proche de l’entrée en clinique : BYN-002, un anticorps monoclonal anti-TL1A pour les MICI, et BYN-003, un anticorps bispécifique anti-TL1A IL-23p19 intégrant une technologie d’extension de demi-vie (HLE), sont tous deux en phase I. La licence pour les droits mondiaux exclusifs (à l’exception de la Chine) de ces futurs traitements ont été acquis auprès de la biotech chinoise TrueLab Biopharmaceutical. Les droits de BYN-001 (un anticorps monoclonal anti-IL-25, doté d’une technologie HLE, pour la dermatite atopique et l’inflammation de type 2) ont été acquis auprès de la biotech américaine NovaRock Biotherapeutics (qui les tenait d’une licence accordée par une autre biotech chinoise). Ce candidat médicament est en passe d’entrer en phase clinique.
- Par ailleurs, précise le communiqué de la biotech, Bionyra développe d’autres actifs en phase préclinique, dont certains en collaboration avec TrueLab Biopharmaceutical.
- “Une part de ce financement a déjà été engagée pour acquérir ces molécules et la grande majorité des fonds restants seront dédiés à la conduite des études cliniques”, confie Frédéric Marrache à mind Health. Interrogé sur la feuille de route de Bionyra Pharma, il ajoute: “Il y a beaucoup de variables, mais pour ce type d’indications, à partir du moment où le médicament est entré en phase clinique, il faut compter entre six et huit ans avant qu’il arrive sur le marché. Nous aurons une meilleure visibilité en fin d’année, lorsque l’on aura caractérisé le fait que les médicaments sont bien tolérés chez les volontaires sains et nous pourrons débuter les premières études cliniques chez les patients en début d’année prochaine.”
- Bionyra Pharma compte actuellement une vingtaine de salariés et devrait en compter une trentaine à la fin de l’année.
Les enjeux.
- Les maladies inflammatoires médiées par l’immunité (eczémas sévères, les dermatites topiques, asthme, les maladies inflammatoires de l’intestin, notamment) sont parmi les plus courantes et les besoins médicaux restent importants malgré les traitements existants. “Si l’on regarde de près les essais cliniques des médicaments approuvés dans ces maladies immunologiques, on observe que le taux de réponse chez les patients les plus sévères n’excède pas 50 %. Il y a donc encore de vrais besoins médicaux, pour rendre ces médicaments plus efficaces. Notre approche consiste à trouver une molécule, un médicament qui soit optimisé. Avoir une demi-vie étendue (ce paramètre sert à mesurer la durée d’action d’un médicament dans le corps, ndlr) est déjà une optimisation. Notre idée est à terme de pouvoir combiner ce médicament avec d’autres qui ciblent des voies de signalisation complémentaires, soit avec d’autres molécules soit dans une même molécule au travers d’un anticorps multispécifique”, explique à mind Health Frédéric Marrache.
- Selon le baromètre trimestriel de mind Health, 8 biotech françaises ont levé 170 M€ au premier trimestre 2026. Un niveau stable par rapport à la même période de 2025, mais cette levée record augure d’une année 2026 en nette progression.
- “Quand l’économie va mal, la biotech va bien, c’est une règle d’or chez Bpifrance et de manière générale dans l’économie”, analyse Paul-François Fournier, directeur exécutif Innovation chez Bpifrance.
- Le fait que les molécules sur lesquelles Bionyra Pharma aient toutes été découvertes par des biotech chinoises témoigne d’une nouvelle donne géoéconomique de l’innovation pharmaceutique. Ainsi, Nathalie Donne, CEO d’ErVimmune, explique à mind Health que “le temps est révolu où la Chine était cantonnée au rôle de fabricant de médicaments génériques, les sociétés chinoises proposent des produits de très bonne qualité. D’ailleurs de nombreuses unités de production sont aujourd’hui validées par la FDA.” Pour faire face à cette concurrence qui prend de l’ampleur, la société française mise sur la propriété intellectuelle, tous ses brevets s’appliquent en Chine.
Le + de mind. Le précédent record de levée pour une biotech française dans le cadre d’une série A était détenu par Adcythérix (105 M€ levés en octobre 2025). mind Health a interrogé Jack Edlands, son PDG et fondateur, pour comprendre les opportunités ouvertes grâce à ce financement.