La prévention constitue “la bataille de la décennie” pour l’Assurance Maladie. Dans son rapport Charges et produits pour 2026, elle souligne qu’il s’agit d’un “axe central de la soutenabilité du système de santé” pour faire face à la progression des maladies chroniques et au vieillissement de la population. En effet, la hausse des pathologies chroniques devrait se répercuter sur le dispositif des affections de longue durée (ALD) avec 26,1% de la population (18 millions de personnes) pouvant en bénéficier en 2035 contre 14,1% en 2023. Les dépenses en lien avec ce dispositif pourraient alors représenter les trois quarts des dépenses de santé contre deux tiers actuellement. Selon le Panorama des dépenses de santé de la Drees, ces dernières s’élèvent à 334 milliards d’euros en 2024.
Vers un renforcement du rôle des entreprises dans la prévention
Pour accélérer le développement de la prévention, l’Assurance Maladie propose de faire des entreprises “un lieu de prévention ad hoc” en y instaurant notamment “Mon bilan prévention”. Ce dispositif, lancé en 2024, permet d’identifier des facteurs de risque de maladies chroniques, de réaliser des dépistages et des rappels de vaccination à quatre âges clés (18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70- 75 ans). Certaines sociétés privées, à l’instar de Zoī, se sont emparées du sujet depuis plusieurs années. Elles proposent aux entreprises une offre de bilan de santé à destination de leurs salariés. “Le système de santé fait face à un mur financier, ce dernier est insurmontable et il faudra trouver des solutions dans les trois à cinq prochaines années, souligne Ismaël Emelien, CEO et cofondateur de Zoī. Je suis prêt à parier que le poids de la prévention va être en partie transféré aux entreprises.