L’industrie pharmaceutique génère aujourd’hui des millions voire des milliards de données. Le coût de la recherche et développement (R&D) s’élève, selon les études, à un à trois milliards de dollars. Le Leem rappelle que “pour 10 000 molécules criblées, dix feront l’objet d’un dépôt de brevet ». Les dépenses et les délais de R&D pourraient être limités par une exploitation optimale des data. Pour répondre à ces enjeux, le laboratoire Servier s’est rapproché dans le cadre du Digital Pharma Lab, de la start-up Invenis, dont l’ambition est de répondre aux besoins business par l’analyse des données. Grâce à cet accompagnement, ces deux acteurs sont parvenus à mettre au point un cas d’usage en seulement quelques jours. Retour sur une collaboration data driven promettant de bouleverser les méthodes de R&D de l’industrie pharmaceutique.
Double pitch et méthode d’accélération jusqu’au cas d’usage
« L’objectif du Digital Pharma Lab est d’accélérer les liens entre des start-up dont le produit a déjà commencé à être considéré par le marché et les laboratoires pharmaceutiques », analyse pour mindHealth Pascal Bécache, également cofondateur du Digital Pharma Lab (DPL). Présentant le projet mené avec Invenis lors du DemoDay de DPL le 24 avril 2020, Thierry Dorval, en charge du pôle d’expertise de criblage au sein de l’Institut de recherche du laboratoire Servier, a déclaré que “la préoccupation était d’accélérer la transformation du groupe vers une approche plus ‘data driven’, afin d’apporter un support en termes d’analyse de données et d’applications d’intelligence artificielle. » Selon lui, « le ‘gap’ existant entre les équipes métiers remontant difficilement ses problématiques de terrain et les datascientists ayant du mal à identifier ces dernières, est encore trop important pour parvenir à faire émerger des projets à haute valeur ajoutée ».