Genèse
Initialement développés dans le secteur de l’aéronautique, les jumeaux numériques se sont progressivement déployés dans le secteur de la santé au tournant des années 2020, sous l’impulsion notamment de Dassault Systèmes. Un écosystème de start-up spécialisées dans les jumeaux numériques s’est constitué, avec des entreprises comme PrediSurge, inHEART, SURGAR et DeepLife.

Jonathan Baptista est issu du monde de l’ingénierie de recherche dans l’aéronautique et la défense. “Dans ces industries, dit-il à mind Health, l’ingénierie a été mise en place pour robustifier les processus et assurer une scalabilité pour apporter une fiabilité pour les clients et réduire les coûts.” L’idée d’appliquer ces méthodologies à la biologie naît de sa rencontre, en 2019, avec Jean-Baptiste Morlot, cofondateur et CTO de DeepLife. Ce dernier est l’auteur d’une thèse sur le machine learning appliqué à la génétique et à l’épigénétique, portant sur l’analyse des données de “single cells”. Ces données de séquençage permettent de quantifier l’activité de transcription des gènes au sein de cellules uniques. “Lorsque nous nous sommes rencontrés, j’avais une approche structurée de processus complexes (comme les moteurs d’avion), tandis que Jean-Baptiste [Morlot, ndlr] avait une vision très mathématique des systèmes de réseaux en biologie” résume Jonathan Baptista.
L’objectif initial était “un peu naïvement de trouver un moyen d’accélérer le développement de nouveaux médicaments”, évoque Jonathan Baptista. La vision de DeepLife a depuis évolué. “Nous nous sommes surtout concentrés sur la manière de rendre le processus de développement de nouveaux médicaments plus robuste. En réalité, la vitesse n’est pas le problème principal, c’est le manque de fiabilité dans la réalisation des essais. Actuellement, nous devons effectuer un très grand nombre d’essais pour garantir qu’un seul sur 10 000 aboutira finalement à un succès”, explique Jonathan Baptista.