Comment sont organisées les équipes chez DeepMind, et la vôtre en particulier ?
Je suis désormais basée à Paris, au sein d’un centre d’IA inauguré l’année dernière. Ce centre rassemble plus de 300 chercheurs et ingénieurs. Chez Google DeepMind, nos équipes de recherche sont véritablement mondiales. Des milliers de chercheurs constituent nos équipes, mais elles sont réparties partout dans le monde. Elles collaborent de manière transverse : il ne s’agit pas d’un centre travaillant sur un sujet et un autre sur un autre. L’expertise rassemble des personnes qui peuvent être par exemple en Californie, à Londres, à Paris ou à Bangalore.
Naturellement, il existe parfois une expertise plus thématique. Par exemple, nous avons beaucoup parlé de Gemma aujourd’hui [lors du Sommet Google for Health France du 3 juillet 2025, ndlr]. Gemma est en partie développée à Paris. Bien que ce ne soit pas la seule localisation, nos équipes parisiennes y jouent un rôle majeur, ce qui nous rend très fiers. Nous disposons également d’équipes interdisciplinaires, notamment avec Michael Howell qui dirige des équipes de cliniciens assez conséquentes.
C’est important en santé d’avoir des partenaires pour faire avancer la recherche. Par exemple, nous avons un projet de recherche baptisé AMIE, pour “Articulate Medical Intelligence Explorer”, réalisé avec le Beth Israel Medical Center, dans le but de réaliser une première validation clinique, afin de mieux comprendre à quoi peut servir cette technologie une fois déployée au sein d’un hôpital. Ce projet de recherche a déjà donné lieu à deux articles publiés dans Nature.
Comment décririez-vous Gemma ?
Gemma est une famille de modèles ouverts, et ainsi accessibles à tous. Elle comprend des versions telles que Gemma 2 et Gemma 3, ainsi que des déclinaisons spécialisées. Lors de Google I/O, nous avons dévoilé Sign-Gemma, dédié à l’interprétation du langage des signes, et MedGemma, spécifiquement conçu pour les applications dans les secteurs de la santé et des sciences de la vie.
Il est important de souligner que MedGemma n’est pas un produit final, mais un outil destiné aux développeurs et chercheurs. Ces derniers peuvent l’adapter et l’enrichir avec leurs propres données et cas d’usage. L’objectif est de permettre la création d’applications qui pourraient, par exemple, nécessiter une approbation réglementaire avant leur commercialisation. Dans un cadre de recherche, MedGemma s’intègre comme un instrument au sein des boîtes à outils existantes.