Près de dix ans après son invention, la femtech est-elle en train de prendre son envol ? Imaginé en 2016 par Ida Tin, la cofondatrice de Clue, l’application de santé menstruelle et reproductive, le terme femtech englobe l’écosystème de start-up proposant des technologies et des solutions innovantes pour améliorer la santé et le bien-être des femmes. Sur le volet du financement, l’année 2024 a marqué un progrès selon le rapport “Femtech VC Market Snapshot” publié en février 2025 par Pitchbook. Si le nombre d’opérations a diminué depuis le pic de 284 transactions en 2021, le financement total en capital-risque de la femtech a atteint 1,2 Mds $ en 2024, soit une augmentation d’environ 20 % par rapport à l’année précédente. Depuis 2020, les entreprises de la femtech ont levé 5,4 Mds $ de capital-risque dans le cadre de plus de 1 000 transactions. Les start-up européennes ne sont pas en reste, la série C de l’entreprise britannique Flo Health constitue la levée de fonds la plus importante de 2024. En novembre 2024, Pitchbook soulignait que près de 339,4 M€ (environ 366,3 M$) avaient été investis dans 47 transactions femtech, dépassant le montant record de 325 M€ établi en 2021. Le secteur compte désormais deux licornes : Flo Health et Maven Clinic, valorisées respectivement à 1,2 et 1,8 Md $.
Convaincre les investisseurs
Des signaux encourageants, mais pour les entreprises du secteur, le financement reste le principal défi. Deloitte révélait ainsi qu’en 2023 la femtech n’avait attiré que 2 % du financement par capital-risque alloué à l’ensemble du secteur de la santé. Lors d’une table ronde dédiée au financement de la femtech organisé à VivaTech le 11 juin, Frédérique Dame, general partner chez GV, la société de capital-risque d’Alphabet, a souligné “les femmes représentent la moitié de la population, la santé des femmes n’est pas une niche, ni une œuvre de charité, c’est une question de santé.”