
Le 29 décembre 2022, la loi de modernisation de la Food and drugs administration 2.0 a amendé la loi fédérale américaine imposant l’expérimentation animale pour les nouveaux protocoles de développement de médicaments. Afin d’étudier la sécurité et l’efficacité d’un médicament, elle autorise désormais des alternatives à ces expérimentations. Parmi ces nouvelles possibilités, les organoïdes, ces cultures tridimensionnelles (3D) in vitro cultivées à partir de cellules souches, qui imitent les caractéristiques fonctionnelles observées dans les organes natifs, avec un degré de complexité pertinent. Les organoïdes peuvent être directement dérivés de cellules souches provenant de tissus (biopsies de patients, résections de tissus adultes ou de tissus embryonnaires). « Dans le cas du foie, nous pouvons par exemple obtenir des cellules progénitrices à partir de tissu tumoral après résection chirurgicale ou possiblement à partir de ponctions biopsiques hépatiques, explique Bruno Clément, directeur de recherche à l’Institut de Nutrition, Métabolismes et Cancer (NuMeCan) de l’Inserm. Aucune modification du geste chirurgical est nécessaire pour leur obtention. » Les organoïdes peuvent aussi être créés à partir de cellules souches pluripotentes induites (SPI) reprogrammées à partir de cellules adultes différenciées, notamment lorsque les biopsies sont très délicates à obtenir, par exemple dans le cas du cerveau ou pour profiter des nombreuses lignées de cellules SPI issues de patients porteurs de mutations génétiques.