Eli Lilly s’est illustrée par la multiplication de ses acquisitions ces derniers mois. La falaise des brevets a-t-elle un impact sur votre stratégie d’acquisition ?
En 2025, nous avons réalisé 39 acquisitions de produits en phase précoce. Nous n’achetons pas de phase III, ce qui serait précisément la stratégie d’une entreprise faisant face à des problématiques de brevet. Nous développons des molécules et nous réalisons des acquisitions quand nous identifions des technologies avec lesquelles nous pouvons les combiner. Notre rachat de Mablink en 2024 en est un bon exemple. Cette biotech lyonnaise a inventé PSARLink, une technologie permettant de transporter un matériel cytotoxique. Elle nous permet de cibler l’organe à traiter et de réaliser du multiorgane. Nous avions développé un certain nombre de matériaux cytotoxiques, mais nous ne possédions pas de vecteur, d’où cette acquisition.
Le ratio de nouvelles molécules au sein de notre portefeuille est énorme. Par exemple, sur le cardiométabolique, Trulicity, notre simple agoniste du GLP-1, est toujours protégé par un brevet (jusqu’en 2027, ndlr). Pourtant nous avons déjà lancé Mounjaro, un agoniste à double récepteur, et notre comprimé doit être lancé sur le marché européen d’ici la fin de l’année.