Avec les essais cliniques décentralisés, la recherche clinique se trouve à un moment charnière de son histoire. Et pourtant : si les promesses de ces essais cliniques d’un nouveau type sont connues, elles peinent encore à convaincre les industriels de sauter complètement le pas. Comme l’a rappelé Christoph Koenen, responsable du développement clinique et des opérations au sein de la firme Bayer AG, les essais cliniques resteront à l’avenir une “pierre angulaire” de la production de données probantes. “En revanche, la technologie utilisée pour collecter efficacement des données dans ce cadre va constamment évoluer et va donc nécessairement modifier le rythme de ces essais décentralisés au cours des prochaines années”, a-t-il noté lors de ce sommet virtuel. Avec un enjeu majeur à la clé : augmenter le degré d’acceptation des données collectées au moyen d’essais cliniques décentralisés pour lever un certain scepticisme quant au degré de qualité des données et critères d’évaluation recueillis à l’aide de ces essais, par rapport à ceux collectés dans le cadre de sites cliniques physiques traditionnels. “C’est la raison pour laquelle on ne voit pas pour l’instant d’études pivot entièrement basées sur des essais cliniques décentralisés”, a-t-il souligné.
Vers un modèle hybride ?
Christoph Koenen estime toutefois qu’avec une plus d’expérience et une plus grande confiance des industriels dans les essais cliniques décentralisés, le niveau d’acceptation pour les études pivot devrait augmenter. “Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas d’un scénario en noir ou blanc, avec d’un côté une étude réalisée à 100 % dans le cadre d’un site physique, ou à 100 % avec des essais décentralisés. Nous pouvons nous retrouver dans une situation où nous aurons un certain pourcentage de patients participant à l’étude avec une approche décentralisée, et un certain pourcentage de patients qui évolueront pour leur part dans le cadre d’un site physique”, a-t-il plaidé.