Une étude menée par la Sustainable Healthcare Coalition, publiée en 2021 dans The Lancet, a révélé que les essais cliniques engendraient une empreinte carbone considérable. Sur près de 350 000 études issues de la base ClinicalTrials.gov, les chercheurs ont démontré que la recherche clinique a produit, à elle seule, 27,5 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre entre 2020 et 2021.
Dans son rapport sur la décarbonation du secteur de la santé, le Shift Project estime que les émissions en lien avec les activités de R&D françaises des industries de santé atteignent 414 ktCO₂e. Les causes sont multifactorielles. Le gaspillage des médicaments dans les essais cliniques est particulièrement mentionné. Situé entre 50% et 70%, il est dû à la surproduction, au non-recrutement des patients, au non-respect des traitements et aux modes de conservation inadaptés.
Dans les essais cliniques, le Shift Project affirme cependant que les émissions de GES varient en fonction des différentes phases de l’essai, qui n’incluent ni le même nombre de patients ni le même nombre de centres. “Sur ClinicalTrial.gov, nous avons remarqué que la grande majorité des émissions sont portées par les phases 2 et 3, les phases 2 pesant pour 52% des émissions carbone contre 46% des phases 3”, précisait le think tank le 19 juin dernier à l’occasion d’un webinaire organisé par F-CRIN sur la décarbonation de la recherche clinique.