Face à l’augmentation croissante des tensions et ruptures d’approvisionnements de médicaments, le Leem (Les entreprises du médicament) a proposé le 11 mai une série d’actions à mettre rapidement en œuvre. Le syndicat des industriels entend ainsi apporter sa contribution à la construction de la feuille de route interministérielle 2023-2025 destinée à lutter contre les pénuries de médicaments. Cette dernière doit voir le jour fin juin 2023.
Un contexte défavorable

En 2022, le nombre de signalements à l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du médicament et des produits de santé) de ruptures et risques de ruptures de médicaments était de 3747 (contre 2160 en 2021). “Et la situation ces derniers mois et ces dernières semaines n’a fait que s’aggraver”, observe Thierry Hulot, président du Leem, qui identifie au moins cinq clés d’explication :
- une hausse mondiale régulière de la demande qui traduit à la fois le vieillissement des populations et un accès plus large de la population mondiale à de meilleurs soins ;
- la complexification des traitements eux-mêmes. “Notre principal traitement anticancéreux, rappelle Thierry Hulot (qui est également président de Merck France, ndlr), contient une centaine d’ingrédients, exige 20 étapes de production et implique 10 sites industriels différents” ;
- la concentration des fournisseurs de matières premières ou d’excipients : certains traitements, notamment les biomédicaments, sont fabriqués en dehors de l’Europe ;
- la production des médicaments matures est aussi fréquemment confiée à des tiers, souvent en Asie du Sud-Est. “Lorsqu’une matière première manque très localement au début du process de production, nous sommes souvent prévenus trop tard.
Vous avez une information à nous partager ?
Article à retrouver dans La lettre mind Health n°239
Chaque mois, retrouvez l'essentiel de nos articles
Mercredi 17 mai 2023