En France, la prise en charge de l’AVC est une priorité de santé publique. Selon le ministère des Solidarités et de la Santé, chaque année, 150 000 personnes sont victimes d’un AVC. Plus de 110 000 sont hospitalisées et 30 000 en décèdent. L’AVC représente ainsi la 3ème cause de mortalité de maladie chez l’homme et la 2ème chez la femme. Surtout, la pathologie est la première cause de handicap chez l’adulte : plus de 500 000 Français vivent avec des séquelles. Plus le diagnostic et la prise en charge sont rapides, plus le patient a de chances de survivre et réduit le risque de séquelles importantes. En effet, la thrombolyse, qui est l’injection d’une molécule permettant de dissoudre le caillot bouchant un vaisseau du cerveau dans le cas d’un AVC ischémique, doit être réalisée dans les 4 heures et demi après l’apparition des symptômes. Ce geste est normalement réalisé par un neurologue dans une unité neuro-vasculaire (UNV). Or, tous les hôpitaux ne disposent pas d’une UNV. De plus, les UNV peuvent être éloignées du service des urgences qui accueille le patient. La solution ? Mettre en place le « Télé AVC » pour que les patients accèdent rapidement à un praticien de l’UNV par un maillage entre les établissements d’un même territoire.
Cette télémédecine consiste en une télé-expertise entre les urgences et une UNV pour qu’un neurologue pose le diagnostic grâce à une IRM du cerveau et indique le protocole de prise en charge par l’urgentiste. Lorsque cela est possible, l’urgentiste ou l’infirmière spécialisée réalise la thrombolyse avant de transférer le patient à l’UNV du territoire. « Il s’agit pour le patient d’accéder à un diagnostic précoce, de réduire les délais de prise en charge notamment pour la thrombolyse, de mieux organiser les transferts vers les unités neurovasculaires, en résumé d’améliorer la qualité et la rapidité de la prise en charge », précise Michèle Dupuy, responsable du département systèmes d’information de santé et télémédecine à la Direction de l’offre de soins et de l’autonomie de l’ARS Nouvelle Aquitaine.