Le contexte :
La pression protectionniste de l’administration américaine, combinée à la montée en puissance de nouveaux acteurs comme la Chine et l’Inde, redessine la carte mondiale de l’industrie pharmaceutique. Face à cette nouvelle donne, comment l’Europe peut-elle réagir pour ne pas perdre son attractivité ? Les industriels ne cachent pas leur inquiétude.
Interrogé par Le Monde, le PDG d’AstraZeneca, Pascal Soriot, considère que “l’Europe a perdu le contrôle de sa chaîne d’approvisionnement sur les médicaments génériques, dont les principes actifs sont aujourd’hui majoritairement fabriqués en Inde ou en Chine. Et elle est en train de perdre le contrôle de sa chaîne d’approvisionnement sur les médicaments innovants”.
Aussi, le 15 décembre dernier, lors d’un colloque organisé par le Leem et intitulé « Quel avenir pour le médicament en France ?« , Nathalie Moll, directrice générale de l’European Federation of Pharmaceutical Industries and Associations (EFPIA) dressait le constat suivant : “nous étions [l’Europe] la pharmacie du monde il y a 50 ans, nous avons perdu la moitié de nos essais cliniques en 10 ans. Donc non seulement 80% des essais cliniques se passent ailleurs mais l’Europe a perdu la moitié de ces essais de 60 000 européens ont perdu leur premier accès au médicament.”
Signaux forts et faibles :
La perte de vitesse de la recherche clinique française et européenne
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L’AFCROs a dévoilé le 11 mars dernier les chiffres clés de la recherche clinique en France en 2024. Ce baromètre montre que la France subit depuis deux ans, comme la plupart des pays européens, une baisse continue du nombre d’études cliniques menées sur son territoire.

Chaque année, le Leem réalise une étude sur l’attractivité de l’Europe et de la France en matière de recherche clinique. L’Europe se trouve désormais à la troisième place de la compétition mondiale, derrière l’Asie et les Etats-Unis, “avec une participation à seulement 19% des essais industriels sur le médicament”, souligne Ariane Galaup Paci, directrice de la recherche clinique au Leem, qui explique à mind Health cette position par “certaines stratégies d’évitement du territoire européen du fait de la complexité de ses réglementations.