Le mot d’ordre est passé : l’heure est à l’acculturation et à la formation. Les professionnels de santé vont devoir s’y soumettre. Car l’usage du numérique dans le domaine de la santé, non sans conséquence sur leur exercice, recouvre un large spectre : télémédecine, objets connectés, dispositifs médicaux, collecte et usage des données de santé, cybersécurité, intelligence artificielle, métavers, etc. Si certains se saisissent de ces nouveaux outils et enjeux sans encombre, y voyant un intérêt pour la prise en charge de leur patient et le partage d’informations entre praticiens, pour d’autres, l’engagement dans la révolution numérique est plus difficile à mettre en œuvre. « Nous observons une décorrélation entre les pratiques et les compétences, confie Matthieu Faure, directeur de projets à la Délégation ministérielle au numérique en santé (DNS). Le numérique est certes présent dans toutes les pratiques, néanmoins, de façon quasi-unanime, les professionnels de santé nous disent ne pas être formés à l’usage. »
La formation : un enjeu fort pour répondre aux besoins

C’est là qu’intervient le Ségur du numérique. Dotée de 650 millions d’euros, la stratégie d’accélération du numérique en santé en consacre 73 millions à la formation, l’objectif étant de prévoir une montée en compétence généralisée de tous les acteurs concernés. Un groupe national interprofessionnel sur la formation numérique s’est même mis en place fin 2021, à la demande du Conseil du numérique en santé, afin de définir un cadre commun de formation initiale à l’ensemble des étudiants en santé. « La formation des jeunes à ces enjeux est nécessaire, soutient Michèle Appelshaeuser, présidente du Comité d’entente des formations infirmières et cadres (Cefiec), qui a participé au groupe de travail.