Le cloud computing, c’est-à-dire l’exploitation de la puissance de calcul ou de stockage de serveurs informatiques distants, loués à la demande, par l’intermédiaire d’un réseau, pose pour les États, les utilisateurs et les industriels la question de la confiance que l’on accorde aux hébergeurs de ces données, localisés le plus souvent hors des frontières françaises et européennes.
L’essentiel du marché du cloud computing (plus de 60%) est aujourd’hui capté par trois acteurs américains : Amazon (AWS), Microsoft (Azure) et Google (Google Cloud Platform)
L’ambition française d’un cloud souverain s’est concrétisée en 2011 avec le « projet Andromède » qui a vu la création de Numergy (porté par Bull et SFR) et Cloudwatt (Thales et Orange) dans lesquels l’Etat français a injecté 150 millions d’euros. Mais ces deux clouds ont été des échecs commerciaux et ils ont disparu trois ans plus tard. L’urgence de créer une offre indépendante et souveraine s’est accentuée en mars 2018 avec le « Cloud Act ». Cette loi fédérale américaine étend la portée géographique des demandes éventuelles du gouvernement américain à pouvoir accéder aux données stockées dans des datacenters appartenant à des sociétés d’origine américaine. Or, l’essentiel du marché du cloud computing (plus de 60%) est aujourd’hui capté par trois acteurs américains : Amazon (AWS), Microsoft (Azure) et Google (Google Cloud Platform). La France et l’Europe (au travers du projet Gaia-X qui réunit 22 acteurs européens) tentent aujourd’hui de relancer ce projet de cloud souverain avec la signature, le 8 février 2022, d’un « projet important d’intérêt européen commun” (PIIEC).