Comment aborder les transformations technologiques et sociétales qui bouleversent le secteur de l’assurance ? A cette question, les assureurs et mutualistes répondent par la mise en place de dispositifs dédiés : hackatons, incubateurs, accélérateurs sont autant d’outils dont se dotent les grands groupes. Parallèlement, ils investissent en propre dans des start-up qu’ils jugent prometteuses. Ainsi, presque chaque assureur possède aujourd’hui son fonds de capital-risque pour soutenir les entreprises innovantes.
Objectif affiché : trouver la licorne de demain, celle-là même qui leur permettra d’inventer le modèle de l’assurance du futur. Certains communiquent allègrement, tandis que d’autres font le choix de la confidentialité. Ainsi, au sein du groupe April, rien ne filtre au sujet d’April Venture, une cellule qui « stimule, soutient et co-finance l’innovation interne », notamment via des partenariats. Même son de cloche pour l’assureur Aviva. Les deux groupes mènent actuellement « une réflexion sur leur politique vis à vis des start-up ». Il faut dire que le sujet est devenu hautement stratégique pour les géants de l’assurance, à tel point que ces véhicules sont souvent portés au plus haut niveau de l’organigramme des groupes.
Un sujet hautement stratégique
Ainsi, à la Maif, le fonds Maif Avenir s’inscrit dans le cadre du plan stratégique de l’assureur mutualiste. « La création de ce fonds fait suite à la réflexion initiée dans le cadre du nouveau plan stratégique de la Maif, qui estime que le secteur de l’assurance sera largement affecté par la rupture digitale », détaille Nicolas Boudinet, directeur général de Maif Avenir. Un fonds doté de 125 millions d’euros et destiné à investir sur trois ans dans de jeunes pousses « dont l’activité relève du digital, de l’innovation ou de l’économie collaborative ».