Si les premières plateformes se sont lancées dès le début des années 2010, les établissements bancaires, pour leur part, semblent avoir mis du temps à prendre la mesure du phénomène. La très grande majorité des partenariats noués n’ont ainsi qu’une à deux années d’existence, voire quelques mois. “Beaucoup de banquiers voient le crowdfunding comme un sujet complexe”, explique Nicolas Lesur, président fondateur d’Unilend qui détaille : “il faut bien avoir à l’esprit que la tradition bancaire française est le modèle de la banque universelle. Il s’agit de l’industrie la plus intégrée qu’il soit. Commercialiser un produit qui n’est pas fabriqué en interne constitue un véritable saut culturel pour certains établissements bancaires”.
L’évolution de la réglementation, couplée à l’appétence des épargnants pour ces investissements alternatifs (portée par une fiscalité incitative) a fini par attirer l’attention des banques de détail. Et de fait, les chiffres sont formels : chaque année, les montants levés via les plateformes de financement participatif enregistrent une progression à deux chiffres. Selon le dernier baromètre du financement participatif en France, 233,8 millions d’euros ont été collectés au cours de l’année 2016, contre 166,8 millions d’euros un an auparavant (hors fonds de prêts aux entreprises en ligne du type Lendix). Dans le détail, les montants levés pour des dons atteignent 68,6 millions d’euros, contre 96,6 millions d’euros pour des prêts et 68,6 millions d’euros en equity. Des chiffres qui restent encore infiniment petits au regard des montants investis et prêtés chaque année par les établissements bancaires (les banques ont distribué 14,5 milliards d’euros de crédits nouveaux aux TPE d’octobre à décembre 2016, note la FBF), mais qui néanmoins enregistrent des croissances annuelles aux alentours de 40 %.