Alors que les institutions financières multiplient les Proofs-of-Concept (PoC) basés sur la blockchain et, pour certaines d’entre elles, passent même au stade de la mise en production, le choix crucial du protocole se heurte au manque de maturité des technologies disponibles. Mais si aucun standard n’a encore clairement émergé, quelques protocoles commencent déjà à se distinguer.
Les blockchains publiques, qui ont un temps été rejetées par le secteur financier car jugées inadaptées (trop volatiles, trop transparentes et à la fois trop anonymes) effectuent un retour en grâce. Ethereum, surtout : la blockchain est l’un des protocoles les plus matures permettant de mettre en place des smart contracts. “Ethereum est très adapté pour des applications qui ne requièrent pas trop de privacy (confidentialité, ndlr)”, confirme Sandeep Kumar, managing director pour le cabinet spécialisé dans la transformation numérique des services financiers Synechron. Surtout, l’équipe de la fondation Ethereum travaille pour introduire davantage de “scalabilité” (mise à l’échelle) et de confidentialité dans la prochaine version, qui reposera par ailleurs sur le proof of stake, et non plus le proof of work (très dépensier en énergie). Les acteurs financiers se sont eux-aussi engagés dans le chantier : JP Morgan travaille depuis 2016 sur une surcouche pour ajouter de la confidentialité, Quorum. “Le problème, c’est que l’initiative provient d’une seule banque et que les autres acteurs risquent de ne pas vouloir l’utiliser”, prévient cependant Sandeep Kumar.
Ethereum et Bitcoin réhabilités
Surtout, un consortium corporate baptisé Enterprise Ethereum Alliance (EEA) et mené par JPMorgan, Accenture, Microsoft, Intel, Santander ou encore Credit Suisse s’est monté en février pour faciliter l’utilisation du protocole Ethereum dans le secteur privé. Les acteurs financiers réalisent que la voie choisie par le consortium R3 avec Corda, son distributed ledger totalement privé ne sera peut-être finalement pas la meilleure pour le secteur.