Vous êtes à l’origine d’Anorak Technologies, moteur de recommandations et de conseil en prévoyance. Pourquoi vous être lancé outre-Manche et pas en France ?
Nous travaillons sur ce projet depuis plus de deux ans avec Vincent Durnez, cofondateur de Fluo [qui a quitté la start-up en octobre 2015, ndlr]. Nous voulions utiliser l’analyse de données pour aider les gens à prendre de meilleures décisions en matière de choix assurantiels. Au Royaume-Uni, un comparateur en ligne est impliqué à un moment ou à un autre dans 80% des ventes d’assurance dommages mais les clients choisissent généralement une police un peu au hasard, à un coût moyen, sans vraiment comprendre ce qu’elle couvre. Nous souhaitions donc créer un système permettant d’analyser le besoin de l’utilisateur et de lui recommander la bonne assurance. Le problème, c’est que l’on s’est rendu compte que sur le marché de l’assurance dommages, cet outil n’aurait pas une valeur ajoutée suffisamment forte pour recruter les utilisateurs des comparateurs.
Nous avons donc décidé de nous pencher sur la prévoyance (assurance-décès, invalidité). C’est un secteur qui est compliqué et dont la vente de solutions est complexe. Cela nécessite du conseil et ces produits sont donc distribués par des agents d’assurance. Les comparateurs ont peu pénétré ce marché. Surtout, la situation n’est pas la même qu’en France, où le niveau de couverture est bon car certaines garanties [décès et accident très grave, ndlr] sont obligatoires dans le cadre de l’assurance d’un prêt immobilier. De plus, des conventions collectives imposent un régime de prévoyance en entreprise complémentaire.
Au Royaume-Uni, les employeurs couvrent mal les salariés et l’assurance emprunteur n’est pas obligatoire.